Ars Moriendi : la mort en héritage

Azem y a perdu les siens et la joie de vivre. Aujourd'hui, il lui reste le ballon, qu'il ne touche guère d'ailleurs : Azem est arbitre, homme de loi d'un pays naissant, casque bleu consciencieux d'un terrain de sports.
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Essai - Policier

Ars Moriendi : la mort en héritage

Social - Assassinat - Faits divers MAJ jeudi 18 mars 2021

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19,9 €

Simon Predj
Montréal : L'Homme, mars 2021
328 p. ; 23 x 16 cm
ISBN 978-2-7619-5626-0

Le podcast qui tue

Ars Moriendi ("l'art de mourir" en latin) est un podcast créé au Canada par Simon Predj qui raconte de terribles affaires criminelles sur fond de musique avec, pour quelques scènes, des dialogues dits par des acteurs. Ce nom fait référence à un texte en latin publié par l'Église en 1415 pour "aider les croyants à apprivoiser la mort". Avec cet ouvrage, nous voilà replongés dans le concept des fameuses histoires radiophoniques de Pierre Bellemare devenues de juteux et nombreux livres... En sera-t-il de même pour les podcasts ? L'avenir éditorial nous le dira. Les histoires choisies par Simon Predj sont concentrées sur un thème (Bellemare et son équipe ont fait de même). Ici, c'est "La Famille".
Notons d'abord une erreur dans la longue narration sur l'affaire de la marquise de Brinvilliers. "Le bourreau s'approche et installe la condamnée sur la guillotine [...] Enfin à vingt heures, on tire la manivelle." Oui, elle a été décapitée mais certainement pas à la guillotine qui a été inventée plus d'un siècle plus tard. C'était la tête sur le billot et le bourreau avait une épée. Revenons aux histoires. En 1929, la veille de Noël, le fermier Lawson se fait photographier avec sa femme et ses sept enfants dont il a payé des vêtements neufs, pour les massacrer le lendemain. Dans les années 1880 deux sœurs de Liverpool empoisonnent leurs proches pour toucher les assurances. En 1992, l'Argentin Barreda tue sa femme et ses deux filles qui le harcelaient et le méprisaient. Dans les années 1850 une famille irlandaise immigrée au Canada sème la terreur dans son village. Autre famille canadienne imbibée et violente en 1983 dont les fils descendent quatre autres losers et balancent les corps dans un ravin. Un fils tue sa mère (en faisant exploser son avion et quarante-trois autres personnes). En 1999 un jeune père assassine son bébé par vengeance... Impossible de résumer ici toutes les histoires qui présentent souvent une petite introduction bienveillante.
L'auteur, dans son introduction adopte d'ailleurs un ton socio-psy basique qui vient souvent alourdir le propos. De fait, la relation de l'affaire est beaucoup trop délayée par ces considérations résilientes et ces échanges de personnages bas de plafond, imbibés ou schizos. Refuser de tomber dans le sensationnalisme peut aussi présenter le danger de gâter la sauce. Pourtant, quand on fait l'impasse sur la plate narration, il y a des histoires sensationnelles comme celle, en 2000, de l'Australienne Katherine Knight, joueuse de couteau travaillant comme désosseuse en abattoir, qui poignarde une trentaine de fois son ex-compagnon après une nuit d'amour, l'écorche, le dépèce, suspend sa peau au mur et entreprend de faire bouillir ses fesses et sa tête pour les servir sur assiette à ses deux beaux-enfants devant le cadavre assis qu'elle entend déguiser. Elle a tellement bien travaillé, que le médecin légiste parviendra à réenfiler la peau sur la carcasse (!).
Pour amateurs de sensations fortes !

Citation

Dès qu'ils comprennent que c'est la peau écorchée de John, les deux agents courent à l'extérieur pour vomir. D'ailleurs, la simple vue de l'état des lieux et des restes de John sera la cause de plusieurs démissions et d'un suicide au sein du corps policier. Les agents témoins de cette vision d'horreur ne seront plus jamais les mêmes.

Rédacteur: Michel Amelin mercredi 17 février 2021
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