Les Lamentations du coyote

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Roman - Noir

Les Lamentations du coyote

Social - Gang - Immigration clandestine MAJ lundi 08 mars 2021

Note accordée au livre: 5 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20 €

Gabino Iglesias
Coyote Songs - 2018
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Pierre Szczeciner
Paris : Sonatine, février 2021
218 p. ; 22 x 15 cm
ISBN 978-2-35584-777-6

Les morts de la Frontière

Tout commence par une simple partie de pêche, le long de la frontière séparant les États Unis du Mexique, lorsqu'un jeune garçon voit la tête de son père exploser sous le tir d'un milicien situé sur l'autre rive. À moins que tout ne commence au moment où un camion rempli de candidats à l'exil est abandonné en plein désert avec sa cargaison humaine. Ou lorsque une femme enceinte récemment veuve sombre dans la folie homicide ou qu'une artiste performer rêve de massacres. Ce qui est sûr, c'est que tout commence par une mort, et finira de la même manière. Sur cette frontière de tous les trafics, le Coyote, passeur sans nom porté par la haine des trafiquants, et sa foi envers la Virgencita, vierge guerrière qui orne son colt, tente d'amener à bon port des enfants, non sans leur démolir le portrait pour rendre crédible leur calvaire, amadouer les garde-frontières du voisin américain. Mais il y a tant d'enfants, et si peu de temps...
Pour son second roman après Santa Muerte, Gabino Iglesias, auteur portoricain installé au Texas, ne prend pas de gants pour nous plonger dans le sang et la mort, c'est plutôt au coup de poing américain qu'il travaille son lecteur, et chaque coup porte, laisse des ecchymoses sanglantes. Roman de rage et de désespoir, Les Lamentations du coyote est un funèbre chant choral de figures souvent simplement identifiés par leur fonction (le coyote, la mère, la bruja), qui n'en peuvent plus de se heurter aux murs de l'existence, qui cherchent une échappatoire, une revanche que le monde s'obstine à leur refuser. Elle passera par le sang, par la violence, par la foi, par la folie aussi, mais ne laissera aucune d'entre elles intactes. Toute rédemption est impossible, tout espoir est vain, et les happy ends, c'est bien connu, n'existent pas pour les indésirables de la frontera, ceux qu'on ne voit que comme des statistiques ou des enjeux politiques. On entre dans ce roman avec l'innocence de l'enfant au bord du fleuve et on en ressort meurtri, bouffé par la même rage et la même impuissance que celle qui hante les personnages. Un grand texte, où le noir côtoie (Mexique oblige) la magie, et qu'on referme avec un sentiment de perte... C'est trop rare pour passer à côté.

Citation

Regarder ces petits faire leurs premiers pas vers la terre promise était un moment rare, mais le coyote ne comptait pas s'attarder. D'autres enfants l'attendaient. Il accomplissait l'œuvre de Dieu, et chaque minute perdue était une opportunité pour le diable de passer à l'action.

Rédacteur: Jean-François Micard lundi 08 mars 2021
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