Tokyo, la nuit

Si tu devais rester éveillé, la nuit, quel procédé préfèrerais-tu : a) un lampadaire dans les yeux ? b) des chiens qui aboient devant ta fenêtre ? c) la douleur lancinante d'un coup de couteau dans la cuisse ? d) une overdose de crack qui te coule dans les veines ? Voilà les seuls choix que tu peux faire.
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Roman - Noir

Tokyo, la nuit

Fantastique - Social - Urbain MAJ mercredi 01 décembre 2021

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 21 €

Nick Bradley
The Cat and The City - 2021
Traduit de l'anglais par Maxime Berrée
Paris : Belfond, juin 2021
314 p. ; 23 x 14 cm
ISBN 978-2-7144-9423-8

Chat de gouttière mystérieux

Dans le Tokyo des déclassés, celui qu'on ne voit pas sur les cartes postales et les guides touristiques, un tatoueur spécialisé dans les yakuzas reçoit une demande étonnante de la part d'une très jeune femme, un ancien conteur à succès devenu SDF cherche à échapper à ceux qui voudraient l'enfermer dans un un centre, un chauffeur de taxi continue à transporter des passagers acariâtres malgré ses problèmes de dos, une jeune traductrice peine à s'intégrer. Tous ces personnages, et bien d'autres, se trouvent unis par un chat aussi fuyant que mystérieux qui apparaît tout au long du récit et pourrait bien être davantage qu'un simple félin.

Premier roman de Nick Bradley, auteur anglais qui a vécu dix ans au Japon, Tokyo, la nuit est un récit choral dans, et sur, la mégalopole et ses habitants, présentés par petites touches dans des récits indépendants mais qui finissent par se côtoyer, voire se rejoindre, par l'intermédiaire de ce chat fil rouge (un esprit des lieux ?) qui traverse la ville comme les vies de ses habitants. Teintant ses vignette d'une légère touche de fantastique qu'on ne peut que rapprocher de Haruki Murakami (le premier récit, concernant le tatoueur est le plus démonstratif en ce sens), Nick Bradley éclaire, avec le regard de l'Occidental, les aspects les moins reluisants de la société japonaise, que ce soit le poids écrasant des traditions qui peuvent littéralement broyer des vies, la nécessité du paraître à tout prix, un certain racisme également, une stratification sociale à laquelle on ne peut échapper, multipliant pour cela les points de vue ainsi que les modes de récit, puisqu'on y trouve aussi bien des photos que la fausse traduction d'un roman (avec ses copieuses notes de bas de page) ou un manga malhabile. Styliste doué, Nick Bradley sait dessiner en quelques traits des personnages, certes archétypaux, mais néanmoins crédibles, qui accompagnent le véritable protagoniste de ce roman étonnant : Tokyo elle-même, superbe et monstrueuse, gigantesque et intime, omniprésente dans sa démesure. Un beau premier roman polychrome pour une société qui ne l'est pas moins.

Rédacteur: Jean-François Micard mercredi 01 décembre 2021
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