La Ville des ânes

En-dehors du plaisir de l'enquête et de tout ce qu'il y avait autour, la recherche des suspects, l'identification, les auditions, les filatures, le stress des interpellations, s'il y avait bien une chose qu'adorait la flic dans son métier, c'était l'ambiance de groupe. Avoir le sentiment d'être de la même famille.
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lundi 28 novembre

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Roman - Policier

La Ville des ânes

Énigme - Assassinat - Finance MAJ jeudi 02 décembre 2021

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 9,9 €

Pierre Berville
Préface d'Yann Moix
Neuilly-sur-Seine : Aquilon, octobre 2021
268 p. ; 21 x 15 cm
ISBN 979-10-359-5434-5

Notaire à terre

Vive émotion à Asnière : promoteur immobilier d'élite, Ange Bastien a fait le grand saut du haut de la tour Monet qu'il faisait construire. Le suicide étant exclu, qu'est-ce qui a pu le pousser à s'y rendre en pleine nuit ? Or les origines corses de Bastien l'avaient rattrapé : il s'était attiré l'ire d'un caïd de Marseille qui avait envoyé deux de ses hommes le tuer : les frangins Didier dit "Le Gros" et Jean-Philippe dit "Le Nain", Q.I. de gastéropode moyen et plus bêtes que méchants. Seulement s'ils prétendent l'inverse au patron après leur retour au pays, les deux monstres ont juste assisté au vol plané à l'issue fatale de leur cible tout en réussissant à se faire prendre par la caméra de sécurité... Au tableau s'ajoute Alice dite "Ice", l'épouse de Bastien, chercheuse d'or patentée qui le trompait avec son meilleur ami d'enfance, devenu notaire, et ne cessait de glisser comme les choses seraient plus simples si Bastien n'était plus là. Et ce n'est pas le seul à qui elle avait répété cette idée sous prétexte de blague... Comme tout promoteur, Bastien dérangeait pas mal de monde. Y compris ce Comte qui avait mis sur pied un refuge pour animaux non loin de là. La question n'est plus "Qui a tué Harry ?", mais qui a tué Ange ? Le saura-t-on jamais ?

Il est difficile de balancer trop de superlatifs pour un premier roman ("De loin, un des plus beaux romans de l'année", proclame l'accroche tirée d'une préface qui pourrait avoir été écrite sans lire le roman, et l'est peut-être, tant elle évite soigneusement d'en parler autrement que par périphrases absconses), car ensuite, il faut tenir les promesses induites... Le fond et la forme ne sont pas vraiment ce que l'on attendrait d'un pubeux devenu écrivain, déjà auteur d'un texte plus ou moins autobiographique sur ce milieu. Une réussite, mais qui ne mérite pas cette accroche à double tranchant. Comme si la publicité, prête à n'importe quelle bassesse pour faire vendre (ou s'en donner l'illusion, puisqu'il s'agit surtout de se regarder le nombril en se croyant indispensable), avait rattrapé l'auteur. Cependant, à vue de nez, ce roman de Pierre Berville mélange classissisme avec une intrigue de trio amoureux digne de James Hadley Chase (le mari, l'amant et la femme fatale) mêlé à un ton plus digne d'un (bon) "Engrenage" des années 1980, ton qui évoque parfois le regretté Pierre Siniac. Bateau ? Oui, mais il y a une injection de blanche dans ce noir... Si l'intrigue n'a pas la rigueur que l'on attend d'un polar (on ne saura pas exactement ce qu'a fait Ange Bastien — clin d'œil à feu Ange Bastiani ? — pour qu'on lui envoie deux tueurs, leur chef se contenant de parler d'une promesse à tenir), Pierre Berville brasse de nombreux personnage à travers ce qui pourrait être la dissection d'un fait divers, remontant parfois loin dans le passé pour éclairer le présent, sans oublier l'historique de la ville elle-même. Un mélange risqué mais qui s'avère plutôt bien dosé avec une écriture maîtrisée.

Citation

J'ai fini par accepter que pour Ice, le sol de la liberté ne peut être que pavé de lingots d'or et qu'elle n'envisage pas de déployer d'autres ailes qu'en soie coûteuse.

Rédacteur: Thomas Bauduret jeudi 02 décembre 2021
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