Le Pont du diable : au bout : les Abers

Un enchevêtrement de poutres et de cadres en bois disloqués avait dégringolé sur la carcasse du canapé. En ressortaient un bras boursouflé couleur de cire et une main ouverte, dont les doigts écartés semblaient vouloir interdire le passage, une main si gonflée qu'il eut bien du mal à distinguer le scintillement de l'alliance en or à son annulaire.
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Contenu

Roman - Policier

Le Pont du diable : au bout : les Abers

Vengeance - Procédure - Trafic MAJ lundi 13 décembre 2021

Note accordée au livre: 3 sur 5

Poche
Inédit

Tout public

Prix: 10 €

Pierre Pouchairet
Quimper : Le Palémon, juin 2021
418 p. ; 18 x 11 cm
ISBN 978-2-37260-608-0
Coll. "Enquêtes en série : police"
Les Trois Brestoises, 7

Ce qu'il faut savoir sur la série

Putain de camion

Ils voulaient échapper à la barbarie des Talibans. Après un long voyage orchestré par des passeurs, ils n'auront trouvé qu'une mort ignoble dans un camion abandonné au Pont du Diable, un lieu-dit de Bretagne. Trente-trois morts, hommes, femmes et enfants... Sauf que la commandante Léanne Vallauri, mise sur l'enquête, découvre que contre toute attente, une jeune femme a survécu. Des empreintes mènent à un suspect bien connu des services de police, mais celui-ci se suicide plutôt qu'affronter la justice. Précaution bien inutile, puisque son innocence est vite démontrée : il a sans doute juste cherché quelque chose à piquer mais n'était pas incriminé. Et puis, la miraculée n'est pas la seule survivante : il y a Nasrat, son petit frère de onze ans qu'elle a fait s'échapper lors d'un de leurs rares arrêts. Lorsqu'il est découvert par des militaires en plein exercice, Léanne Vallauri croit tenir un témoin. Mais la découverte macabre a des répercussions de l'autre côté du monde : l'une des victimes était la fille du colonel Karimi, qui entreprend une quête sanglante à chaque étape du trafic d'êtres humains. En Afghanistan, on sait venger les siens...

Nous l'avons déjà souligné plusieurs fois, la série des "Trois Brestoises" de Pierre Pouchairet est certainement l'une des meilleures séries en cours de polars d'enquête "classique" parfois sévèrement burnée sans pour autant tomber dans ce style "dur-à-cuire" si difficile à maîtriser, et dont pas un seul épisode ne déçoit (à l'exception de l'excellent La Cage de l'Albatros, un cran au-dessus des autres et chef d'œuvre de la série à ce jour). Cette chronique risque donc fort de ressembler aux précédentes, puisqu'on retrouve tout ce qui fonctionne : des personnages crédibles, un scénario qui tient la route (et innove avec ce personnage lançant une croisade meurtrière tel le Liam Neeson des "Taken" version afghane, référence pas si gratuite), un côté crédible dans les procédures sans tomber dans l'austérité du "procedural" et un style sec et dégraissé. Bref, encore une réussite. Comme c'est parti, nul doute que la chronique du prochain épisode ressemblera fort à celle-ci... Et si vous n'avez pas encore découvert cette série, vous savez ce qu'il vous reste à faire...

Citation

Elle a beau savoir l'importance des investigations techniques, elle peine à reconnaître qu'un type qui travaille exclusivement pendant les horaires de bureau, avec pour seul risque de se coincer les doigts dans une porte, fasse le même travail qu'elle.

Rédacteur: Thomas Bauduret lundi 13 décembre 2021
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