Rampants des villes

Il est content de son képi qui lui confère un air mâle et assuré. Il espère que ses cheveux ne frisent pas trop au dessus des oreilles et dans sa nuque, que le bleu marine aille avec son teint, que ses cuisses soient restées fermes, que ses jambes ne semblent pas trop vilainement poilues, il espère.
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lundi 28 novembre

Contenu

Roman - Noir

Rampants des villes

Psychologique - Social - Urbain MAJ jeudi 23 décembre 2021

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 16 €

Léo Betti
Marcinelle : Le Basson, novembre 2021
120 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-930-58289-4

Concentré de noir

Le narrateur anonyme, vingt et un ans et ancien ouvrier de chantiers, descend à Béziers pour y suivre une illusoire formation. Celle-ci ne lui offre pas plus d'espérance que le cafard ordinaire qui lui colle à la peau après une enfance d'humiliations. C'est là que, tout à sa détestation de soi, il rencontre X, aussi anonyme que lui, mais qui est son parfait opposé. Les contraires s'attirent, c'est le début d'une relation fusionnelle qui va peu à peu prendre des détours malsains. S'agit-il uniquement de domination ou bien de quelque chose de plus pervers ?

Difficile de raconter un roman principalement composé de ces "flots de conscience" chers à James Joyce... Il s'agit également de définir ce qu'on appelle littérature dite "noire", même si on avait déjà apprécié les romans purement policiers sortis aux éditions du Basson (le dynamisme de l'édition belge n'est plus à démontrer). S'il faut surtout se baser sur une atmosphère, alors ce roman ressort assurément de notre genre de prédilection : noir comme le jais, noir comme la poix, noir comme le monde tuméfié qu'il met en scène, noir comme les idées du personnage principal — et sans trop déflorer, il pourrait servir de prologue à une histoire relevant plus directement du genre, comme le suggère sa fin plus ou moins ouverte. Nul doute que ce narrateur anonyme pourrait être un cousin éloigné du Franck Poupart, le perdant magnifique du chef d'œuvre d'Alain Corneau, Série noire. C'est aussi un style acide, abrasif d'une maîtrise stupéfiante pour un second roman, qui rejoint une sorte de poésie de l'abjection palpable et qui, à cent vingt pages, a l'élégance de ne pas étirer son propos : chaque phrase claque et va directement à l'os. Inutile de dire qu'il y a bien plus de littérature dans ces cent vingt pages que chez bien des starlettes médiatico-médiatiques... et qu'il faudra commander ce roman, vu que vous ne risquez pas de le trouver dans les grosses piles de littérature consommable. Un électrochoc qui devrait être imprimé sur des pages noires pour être dans le ton, et assurément, une plume à suivre de très près.

Citation

Moi, je ne dis jamais la vérité. C'est dangereux, la vérité. Ça demande un courage. Je n'en ai pas pour la vérité. Comme je suis toujours d'accord, la question de ma vérité ne se pose pas, ma vérité ne peut pas se dire. Ma vérité m'est inconnue.

Rédacteur: Thomas Bauduret jeudi 23 décembre 2021
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