La Mort en partage

Elle lui sourit - il se rendit compte qu'il l'observait depuis un bon moment -, et il lui rendit un sourire dont il espérait qu'il lui insufflerait un peu de force, ou du moins le sentiment du danger qu'elle leur ferait courir à tous deux si jamais elle perdait son sang-froid.
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lundi 28 novembre

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Roman - Thriller

La Mort en partage

Vengeance - Terrorisme - Artistique MAJ jeudi 27 janvier 2022

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19 €

Thierry Rocher
Riom : De Borée, janvier 2022
312 p. ; 24 x 16 cm
ISBN 978-2-8129-2738-6
Coll. "Littérature"

La vengeance dans la peau

Pierre Chalet est une vedette de l'humour, un habitué des plateaux de télévision, un de ceux qu'on reconnaît dans la rue, et s'il n'est plus tout jeune, il est loin d'être au crépuscule de sa carrière. Jusqu'au drame : son épouse et sa fille perdent la vie dans un attentat terroriste. Comment, après un tel événement, suivre ses propres idées humanistes ? Comment se reconstruire et se protéger de la machine médiatique, mais aussi des pensées négatives ? Contre toute attente, Pierre Chalet décide de remonter sur scène pour une tournée comme il en a l'habitude. Et il y a Jenna, une jeune humoriste que l'on juge son pendant au féminin. Loin de veiller jalousement sur son statut, Chalet va l'aider, la soutenir et peu à peu la découvrir. Peut-elle lui faire oublier son drame, lui qui hésite à continuer de jouer son rôle d'humoriste ? Mais c'est chose difficile lorsque les radios, journaux et télévisions lui apprennent que des terroristes avérés ou potentiels sont assassinés tour à tour...

L'étiquette "Polar psychologique" est souvent un moyen d'expliquer de mouliner des pages et des pages où il ne se passe rien, généralement pour "fouiller" des personnages où il n'y a pas grand-chose à fouiller... Pas ici : le personnage de Chalet, quoique narrateur intermittent, est au centre du récit, offrant un protagoniste tel qu'on a peu l'habitude d'en retrouver dans les romans, noirs ou pas. En dépit de l'actualité, dans ce récit qui pourrait virer au classique thème de Pygmalion (sauf que le personnage de Jenna, plus actuel, n'a besoin de personne qui lui serve de mentor), le tout prend un ton presque années 1970, évoquant les mânes du Jean-Pierre Ferrière de la grande époque ; et en ces temps de Livres Ventripotents™, il a l'élégance de se terminer au moment où l'intrigue risquait de devenir répétitive. Seulement, il y a cette conclusion sur laquelle on reste avec des sentiments ambigus. D'un côté, elle clôt de façon logique la trajectoire du personnage, ce qui fait qu'elle est aisément prévisible (au point que l'on attend en vain un retournement final qui, d'un autre côté, ferait figure de facilité), mais de l'autre, elle dépend quand même d'une bonne dose de rétention d'informations et pose de sérieuses questions de logique. Le verre à moitié plein ou à moitié vide... En tout cas, une belle maîtrise du fond et de la forme pour un premier roman !

Citation

L'imaginaire était souvent le refuge pour reprendre des forces. L'imaginaire, c'était le ressort qui agissait au lit, aux portes du sommeil difficiles à franchir de façon récurrente. L'imaginaire prenait des formes multiples.

Rédacteur: Thomas Bauduret jeudi 27 janvier 2022
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