La Jeune femme et l'ogre

Elle sait qu'elle devrait arrêter, mais pas maintenant, pas ce soir. Elle a eu peur, elle doit sentir que la vie court dans sa gorge et ses poumons. Encore une bouffée. Elle est en vie.
Fabrice Pichon - Vengeance sans visage
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

Le Vestibule des lâches
Dans le final du Vestibule des lâches, on apprend que l'un des personnages a découvert une fresque pr...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

dimanche 22 mai

Contenu

Roman - Thriller

La Jeune femme et l'ogre

Fantastique - Ésotérique - Disparition MAJ mardi 08 février 2022

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22 €

John Connolly
The Woman In The Woods - 2018
Traduit de l'anglais (Irlande) par Laurent Philibert-Caillat
Paris : Presses de la Cité, février 2022
512 p. ; 23 x 14 cm
ISBN 978-2-258-19531-8
Coll. "Sang d'encre"

Conte (des temps modernes) horrifique

Il y a quelques années, un démonologue a séduit une jeune femme, l'a aimée et enfermée chez lui. Très vite, elle s'est rendue compte qu'il s'agissait d'un homme mauvais et qu'il la séquestrait. Lorsqu'elle se retrouva enceinte, elle parvint à s'enfuir, en emportant avec elle un livre démoniaque. Des années plus tard, lors de travaux, on découvre le corps d'une femme. Celle-ci se révèle avoir accouchée et en être morte. Mais on ne retrouve pas le bébé. En effet, un homme et sa fille, qui ne pouvait pas avoir d'enfant, ont enterré le cadavre et gardé l'enfant pour eux. Depuis, l'esprit de la morte, qui ne peut quitter ce monde, revient hanter son fils, lui demandant de la rejoindre dans la tombe. Mais la découverte du cadavre va être l'occasion de nouvelles questions. C'est tout d'abord Moxie, un avocat juif, qui a appris qu'à côté de la femme enterrée, il y avait une inscription sur un arbre laissant entendre les origines juives de la mère. Il veut donc retrouver l'enfant et emploie pour cela Parker qui va essayer de remonter la filière clandestine qui permet aux femmes pourchassées de fuir leurs maris ou amants. Pour d'autres raison, liées au livre volé, un Anglais très vieux et ayant passé un pacte avec d'anciens dieux, quasi immortel, accompagné son âme damnée (une femme qui tue sans remords), arrive en Amérique pour retrouver le fils et surtout le livre. Très vite, il laisse une masse de cadavres dans son sillage, ce qui accentue la pression sur Parker. En parallèle, Parker a fort à faire avec un jeune raciste qui lui en veut car le détective et son ami Louis, en pleine phase de colère, ont mis le feu à sa voiture qui s'ornait de drapeaux sudistes.

Comme on le voit, pour les amateurs de John Connolly, La Jeune femme et l'ogre offre une intrigue classique : nous allons suivre différents protagonistes aux prises avec une histoire qui emprunte à l'histoire policière, elle aussi, classique. Il s'agit de retrouver l'enfant volé d'une femme morte, et des à-côtés plus fantastiques ou sombres comme l'esprit de la défunte qui réclame son fils et lui téléphone sur son jouet ou le "méchant" particulièrement vicieux et son assistante lugubre à souhait sans oublier le rôle du livre maléfique. John Connolly connait bien son métier, et face aux sombres pages (n'oublions pas, en plus de l'intrigue principale assez glauque, que depuis peu un des "adjoints" de Parker, Angel - qui est aussi le compagnon de Louis -, est en train de mourir ou presque d'un cancer), il repose le lecteur grâce à quelques scènes plus humanistes (ici autour de ce groupe discret qui aide les femmes en difficulté) et manie même un peu d'humour dans les démêlés de Parker avec des bas du front du Ku Klux Klan. L'équilibre entre les deux est parfaitement mené, et l'on retrouve aussi la fille morte de Parker qui l'aide depuis l'outre-tombe pour constituer un nouveau volet d'une série feuilletonesque de grande qualité, qui se ressemble souvent d'un épisode à l'autre, mais qui parvient à maintenir l'envie du lecteur par le talent d'écriture de l'auteur.

Citation

Mors fit pivoter son arme et pressa la détente, visant non pas Parker mais la silhouette de Louis, qui émergeait d'entre les arbres. Parker, pris entre deux pistolets, plongea au sol, ranimant sa douleur à l'entrejambe, et rampa précipitamment vers sa propre arme.

Rédacteur: Laurent Greusard mardi 08 février 2022
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page