À sang et à mort

Forgeret était détendu. Au volant de sa vieille voiture, il roulait vers Nogaro, tranquille chef-lieu de canton du Gers. Il avait organisé là une réunion de l'ASPER, Association pour la Préservation de l'Environnement Rural, de mouvance écologiste, les verts disait-on désormais.
Jean-Noël Castaing - Meurtre d'un vert
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

Le Vestibule des lâches
Dans le final du Vestibule des lâches, on apprend que l'un des personnages a découvert une fresque pr...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

dimanche 22 mai

Contenu

Roman - Noir

À sang et à mort

Social - Corruption - Gang MAJ mardi 01 mars 2022

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 18,5 €

Sandrine Durochat
Paris : Jigal, février 2022
248 p. ; 20 x 13 cm
ISBN 978-2-37722-158-5
Coll. "Polar"

Espoir perdu au fond d'une cave

Nous sommes à Grenoble en compagnie de Gabriel, un policier en rupture Gabriel, qui vient d'être innocenté d'une bavure grâce aux informations de ses collègues, mais il a des doutes : en poursuivant un manifestant, ce dernier est mort alors qu'il escaladait un mur. Et Gabriel se sent responsable de son décès. Depuis, il vivote et traîne derrière son groupe, un groupe particulier, dirigé par Hirsch, un policier corrompu et violent qui a entrainé dans sa dérive Zerguit et Combe, ses deux coéquipiers. À Grenoble, Malik, grand caïd local, vient d'être placé en prison, d'où il continue à gérer ses affaires. Mais il sent bien que les choses se compliquent et que les dents s'aiguisent. À tout hasard, il a mis au vert sa femme et sa fille. Et il a bien raison car Precious, une petite frappe montée trop vite en graine, a décidé de passer à la vitesse supérieure. Même si Precious a un talon d'Achille : une jeune fille droguée qu'il aime. Mais Malik engage Precious pour commettre un braquage de fourgon bancaire. Pour s'armer plus "confortablement", Precious a demandé à Hirsch de lui "prêter" une arme, qui se trouve dans les dépôts des pièces à conviction. Or, l'attaque se passe mal et un convoyeur est abattu. Hirsch comprend que c'est Precious derrière le coup et que la balle dans le corps du mort va "parler". Il décide de mettre à l'amende Precious et de lui prendre la moitié du butin. Ce qui va s'avérer compliqué pour Precious qui, lors du partage, s'est battu avec l'équipe de Malik et n'a conservé qu'une partie de l'argent. Qui plus est, Precious est tombé sur le portable d'un des adjoints de Malik et a vu dans les vidéos la preuve que Malik est à l'origine de la disparition et de la mort violente d'un de ses hommes. Tandis que chaque groupe cherche à liquider les deux autres et à s'emparer de l'argent, en utilisant toutes les ressources et les coups fourrés possibles, Gabriel se rend compte qu'il y a un problème avec son "affaire" et qu'il doit mener son enquête pour mieux comprendre.

Outre ces éléments, nous aurons également affaire à des descriptions mettant en scène des personnages secondaires inclus dans les aventures (une avocate, les femmes qui gravitent autour des personnages, un tueur silencieux), pour montrer une intrigue policière qui regarde plus facilement du côté de James Ellroy que d'Agatha Christie. Entre les truands de Grenoble et la faune d'Échirolles, la police ne se dresse pas comme une protection mais comme une nouvelle menace, comme un autre gang qui dispose de moyens plus importants que les autres. Ce qui ressort aussi de ce roman de Sandrine Durochat, c'est le désespoir profond qui le parcourt car aucun personnage ne peut s'en sortir sans souffrir, sans s'approcher de la mort et de la déchéance. Quelle que soit la solution, et même une fin qui pourrait être heureuse, l'auteure ajoute un codicille qui noie sous encore plus de désespoir et de violences ses protagonistes. Dès le début, nous sentons cette poisse, ce glauque, avec les convoyeurs qui, malgré leur façon de faire, sont de la chair à canon, pour des idiots armés et possédés par l'image qu'ils doivent donner, qui correspond aux clips et films qu'ils regardent. Un joli roman sombre...

Citation

Le réveil cracha sa sonnerie assassine. Gabriel peina à lever les paupières sur les chiffres rouges. Des banderilles stridentes lui perçaient le cerveau et des seaux de sable lui brûlaient les yeux.

Rédacteur: Laurent Greusard mardi 01 mars 2022
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page