La Fille du diable

- Ce n'est pas facile d'entretenir une relation avec une victime.Elle leva les yeux et, comme si elle éprouvait le besoin de s'expliquer, ajouta :- Les survivants sont des victimes, eux aussi, vous savez.
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Contenu

Roman - Noir

La Fille du diable

Fantastique - Social - Huis-clos MAJ jeudi 10 mars 2022

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 23 €

Jenni Fagan
Luckenbooth - 2021
Traduit de l'anglais (Écosse) par Céline Schwaller
Paris : Métailié, février 2022
350 p. ; 22 x 14 cm
ISBN 979-10-226-1174-9
Coll. "Bibliothèque écossaise"

Eau, gaz et malédiction à tous les étages

Nous sommes en 1910 à Édimbourg. Une jeune fille arrive à quai, mais elle n'est pas dans une embarcation normale. Au contraire, elle arrive dans un cercueil... Mais ce n'est pas la seule bizarrerie : cette jeune fille a été vendue par son père pour être mère porteuse du futur bébé des Udnam. Elle se rend donc à leur domicile, un immeuble de rapport, où ils vivent sans que les locataires ne soient au courant qu'ils sont dans les faits les propriétaires. Autre incongruité : cette jeune fille a des petites cornes qui lui poussent sur le front. C'est normal car elle est la fille d'un démon... À peine arrivée au domicile de ses patrons, les choses se transforment : d'une part, elle découvre que monsieur Udnam est un homme méchant, qu'il gère discrètement un gang et règne sur la ville. Mais, d'autre part, elle se prend d'affection avec madame Udnam avec qui elle engage même une relation sentimentale. Finalement, la jeune fille parvient à être enceinte et, comme c'est la fille du diable, le bébé pousse en quelques heures. Plus tard, dans un moment de colère devant la passion des deux femmes, monsieur Udnam les tue. Mais la jeune femme a eu le temps de lancer une malédiction sur tout l'immeuble. Nous allons alors suivre, à raison d'un appartement par décennie, la vie de différents locataires - un noir, les membres d'un gang, William S. Burroughs, une spirite, etc. et leurs relations plus ou moins marquées avec la malédiction.

Le roman de Jenni Fagan se construit donc comme une suite de nouvelles, qui pourraient se lire indépendamment, même si évidemment il y a des relations entres elles. Le récit oscille entre la tranche de vie dramatique, la biographie, le récit épistolaire, le noir ou le fantastique. Tout ceci a au moins le mérite de ne pas ennuyer le lecteur qui passe ainsi d'une histoire à l'autre, même si l'ensemble s'apparente plus à un procédé d'écriture qu'une idée particulière (genre La Vie mode d'emploi, de Georges Pérec, où les éléments semblaient beaucoup plus posés qu'ici). Mais, dans l'ensemble, le texte fonctionne bien et réussit à convaincre. La Fille du diable est surtout pour les lecteurs plus intéressés par un roman de littérature générale, utilisant des aspects noirs ou fantastiques que pour des amateurs "intégristes" des genres susnommés. Une curiosité...

Citation

Nous nous complétions, le yin et le yang, lui lumineux avec une touche d'ombre et moi, j'imagine qu'il y a au moins une touche de lumière et, dans l'ensemble, elle me vient de lui.

Rédacteur: Laurent Greusard jeudi 10 mars 2022
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