Comment j'ai tué ma famille

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Roman - Noir

Comment j'ai tué ma famille

Social - Vengeance - Assassinat MAJ dimanche 13 mars 2022

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20 €

Bella Mackie
How To Kill Your Family - 2021
Traduit de l'anglais par Marie Chivot-Buhler
Paris : Le Masque, mars 2022
380 p. ; 23 x 14 cm
ISBN 978-2-7024-4997-4
Coll. "Grands formats"

Richesse oblige

Grace Bernard est une jeune femme anglaise de vingt-huit ans. Elle est énervée car elle se retrouve en prison, accusée d'avoir poussé par dessus un balcon la petite amie de son meilleur ami (peut-être son amoureux d'enfance). Elle est énervée non pas seulement parce qu'elle est innocente mais surtout parce qu'en même temps elle est coupable de plusieurs meurtres. Elle profite d'ailleurs de son passage en prison pour écrire ses mémoires et raconter ses propres crimes. De fait, Grace est la fille bâtarde d'un riche homme qui les a abandonné, elle et sa mère, à sa naissance. Elle décide donc de se venger en tuant les membres de la famille de son père un par un, laissant son paternel pour la fin, car il doit souffrir. Mais comment faire quand on est une fille normale, avec un emploi de base, pour atteindre des richissimes parvenus, (dont l'un est adepte du sexe extrême) dans des univers qui ne se côtoient peu, voire pas du tout ? Nous allons donc suivre les efforts de Grace, s'appuyant sur les technologies les plus modernes et ses profondes connaissances de l'âme humaine, pour s'approcher peu à peu des membres de la famille, ou pour trouver des complices qui pourront l'aider discrètement dans son travail de nettoyage. Tandis que les meurtres, qu'elle parvient chaque fois à faire passer pour des accidents, se déroulent, le récit s'entrelace avec la vie en prison, les difficultés de sa colocataire. Derrière les meurtres, Grace entend aussi devenir l'héritière de la fortune familiale.

Le roman de Bella Mackie décrit de manière extrêmement drôle les meurtres. En effet, l'héroïne doit tuer un jeune écologiste un peu hippie qui s'occupe de grenouilles pour déplaire à la vie de riche parvenu qui lui est promise, puis une jeune fille qui ressemble à ces "stars" pitoyables qui font le buzz en se mettant en scène dans leurs problèmes de riche (genre les Kardashian) ou une vieille, effrayée par tout, et qui sort peu de son appartement hyper connecté de Monaco. Toutes les tentatives de Grace pour s'adapter à ces différents protagonistes, à s'en approcher ou les liquider sans laisser de traces, sont racontées dans le détail, avec un goût du cynisme assumé. Évidemment, les amateurs de films anciens retrouveront peut-être dans le résumé des éléments qui leur rappelleront un vieux classique britannique de qualité, Noblesse oblige, où déjà on avait le cynisme, le goût pour se rapprocher des victimes, les efforts d'intelligence pour tuer les proies et devenir l'héritier, le manuscrit que le coupable écrit en cachette alors qu'il se trouve en prison pour un crime qu'il n'a pas commis. Comment j'ai tué ma famille ne reprend pas tous les éléments. Le roman les inscrit dans un monde très contemporain, mais conserve le même esprit décalé, très understatement, pour une variation intelligente, réussie, se moquant des dérives du monde d'aujourd'hui et des riches parvenus, avec un allant et une force d'abattage qui suscite beaucoup de plaisir. Voilà un texte bien convainquant.

Citation

J'ai ouvert une bouteille de vin et me suis fait couler un bain. Bryony était morte, les détails attendraient. Sa disparition me permettait de rayer un nom supplémentaire de ma liste. Elle signifiait que la liste était bientôt terminée. Plus qu'un. Cher papa, j'arrive.

Rédacteur: Laurent Greusard samedi 12 mars 2022
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