Les Lettres de l'impératrice

Il n'avait rien fait de mal. Il en était absolument convaincu. Il y en avait d'autres, bien pires que lui, qui avaient fait bien pire que lui, et qui s'en tiraient sans une égratignure.
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Roman - Policier

Les Lettres de l'impératrice

Historique - Chantage - Complot MAJ lundi 21 mars 2022

Note accordée au livre: 3 sur 5

Poche
Inédit

Tout public

Prix: 14 €

Jean Rena-Keller
Saint-Estève : Les Presses littéraires, février 2022
336 p. ; 17 x 12 cm
ISBN 979-10-310-1169-1
Coll. "Crimes et châtiments", 123

Eugénie et les mauvais esprits

Lors d'une soirée fine, deux amoureux sont abattus par un mystérieux tireur. Ils sont alors enterrés, et quelqu'un cache dans le cercueil des lettres compromettantes pour la nouvelle impératrice, Eugénie, la femme de Napoléon III, des lettres qui prouveraient son mépris de la foule, du peuple, ses amants secrets, et bien d'autres joyeusetés. Quelques mois plus tard, un jeune homme appelé La Fraise assiste à une étrange cérémonie. Un groupe d'hommes déterre les cercueils au Père Lachaise et vole les lettres. La mère de La Fraise qui cuvait du vin à proximité se réveille et injurie les violeurs de sépulture qui la tuent à l'aide de leur pioche, La Fraise préfèrant, lui, se cacher. Des jours passent quand Symphonien Vernal, un jeune commissaire de police, est convoqué : des lettres de l'impératrice apparaîtraient régulièrement, mais la censure impériale parvient encore à maîtriser la situation. Cependant, il doit trouver qui est derrière cette opération et débusquer les faussaires qui en fabriquent d'autres. Le commissaire commence à enquêter, mais l'impératrice est détestée de nombreuses personnes, dont des membres de la famille impériale et des notables. Il est donc difficile d'avancer sans froisser des susceptibilités. Pire encore, Vernal est enlevé lors d'interrogatoires et risque la mort, car il a été offert à un homme, ancien boucher, qui tue des gens pour ses clients, amateurs de chair humaine. Mais le commissaire va avoir des alliés, des adjoints, des amis, et parviendra à trouver une solution satisfaisante pour maintenir le pouvoir en place.

Véritable plongée dans l'univers du Second Empire, qui semble depuis quelques années retrouver une certaine saveur pour les auteurs de romans policiers, Les Lettres de l'impératrice est à mi-chemin entre le roman policier classique, avec une enquête, des suspects et des morts, et le roman historique. Nous sommes-là au début du règne de Napoléon III en proie avec divers problèmes qui minent la société française : la guerre de Crimée, le rejet de la nouvelle impératrice, un système qui peine à se mettre en place, une pauvreté et des bandes de voyous qui rôdent dans les villes la nuit, la prépondérance des tables tournantes et autres discussions avec les esprits, les groupes secrets qui se réunissent dans les catacombes. C'est également une description intelligente d'un passé que l'on peut avoir du mal à imaginer : comment fonctionnent des archives lorsqu'on ne dispose que d'un personnel humain, sans informatique ? Comment enquêter sans aucun moyen scientifique ? Par exemple. Le récit de Jean Rena-Keller est donc un adroit mélange entre ces informations historiques, ce décor temporel restitué avec intérêt et une enquête policière plus classique où l'on déroule les fils possibles pour parvenir à la vérité. Un petit livre agréable et qui se lit avec plaisir.

Citation

Un des travailleurs disparut complètement dans le sol. L'on n'entendait plus que le bruit de sa pioche frappant sourdement sur le cercueil déposé au fond. Des éclats de bois jaillissaient de cette profondeur.

Rédacteur: Laurent Greusard lundi 21 mars 2022
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