Jusqu'ici tout va mal

Ce matin, mes parents m'ont téléphoné pour me souhaiter la bonne année. Les pauvres ! S'ils savaient qu'en fait de bonne année, ce sera celle de ma mort.
Paskal Carlier - Grossir à en mourir
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

Tokyo revisitée
1949. Tokyo est occupée par l'armée américaine à la suite de la défaite du Japon. Dans cette métropol...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

vendredi 01 juillet

Contenu

Nouvelle - Noir

Jusqu'ici tout va mal

Psychologique - Social - Crépusculaire MAJ jeudi 31 mars 2022

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 12 €

Pascal Dessaint
Rives-en-Seine : La Déviation, avril 2022
150 p. ; 20 x 12 cm
ISBN 979-10-96373-47-5

Dessaint animé

À travers dix-sept courtes nouvelles (inédites à l'exception de trois), Pascal Dessaint peint des portraits désabusés, fins et sensibles, de personnes qui n'attendent plus grand-chose de la vie, avec une forme littéraire hésitant le plus souvent entre conte et fable. Et pourtant, des réflexions métaphysiques ("Lettres à un vieux naturaliste") peuvent côtoyer les petits instants qui sont rassurants l'air de rien à l'instar de l'érection de la deuxième de ces nouvelles ou de l'observation de ces oiseaux qui sont chers à un auteur qui aime l'ornithologie et les facéties ("Le Zizi chante le soir"). Mais comme dans cette nouvelle, l'homme peut tout polluer (dans tous les sens du terme : ici c'est un caddie abandonné, couché, dans un gué), et excelle à contrarier ses propres amours (thème qui transpire dans plusieurs des nouvelles de ce recueil). Cependant, Pascal Dessaint est avant tout un auteur social et sociétal pour qui l'avenir est sombre comme le révèlent les titres de deux de ses derniers romans (L'Horizon qui nous manque et Maintenant le mal est fait). Ce terme "Mal" nous revient ici dans une nouvelle pessimiste qui donne son titre au recueil : "Jusqu'ici tout va mal". Cette nouvelle est assurément la plus désespérée de toutes avec un garçon reclus dans une maison accotée à une montagne qui menace de s'écrouler. Garçon qui subit les monologues par SMS d'un oncle dont il ne connait pas les faces les plus sombres sinon il l'aurait flingué plus tôt. La nature semble dans ce cas-là se rebeller contre l'occupation humaine, et parfois même se jouer des hommes ("La Passion des chauves-souris") qui ont sur elle bien des idées reçues ("La Corneille rôde toujours"). Malicieusement, Pascal Dessaint glisse une pointe de causticité et va puiser dans d'autres mauvais genres ("Une belle victoire") quand il installe un supporter ivre-mort dans un rade hostile. Seul écart de conduite à un recueil inspiré de l'absurdité de la vie, et où l'art de la chute (là aussi dans tous les sens que le terme admet) est maîtrisé pour autant de vignettes animées.

NdR – Le recueil comporte les nouvelles suivante : "Le Papillon orangé", "Une érection rassurante", "Les Arbres font guérir plus vite", "La Corneille rôde toujours", "La Passion des chauves-souris", "Une pêche prometteuse", "Les Lèvres parlent parfois plus que les lèvres", "La Bernache et le faucon", "Le Désir de Juliette", "Une belle victoire", "Lettre à un vieux naturaliste", "Pour des pommes", "Elle pensait", "Le Zizi chante le soir", "Jusqu'ici tout va mal", "Connaître un poète" & "Le Seau bleu")

Citation

Il se dit qu'il y avait bien trop de livres au pied de son lit, que ça perturbait sa vision du monde, qu'il n'en faudrait qu'un, qui lui donnerait confiance en l'humanité, bien qu'il doute que cela soit encore possible.

Rédacteur: Julien Védrenne jeudi 31 mars 2022
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page