Signe de terre

J'étais tranquillement accoudé au bar du Sheramon devant un verre de mon whisky favori lorsque la porte du bar s'est ouverte.
Philippe Ward & Sylvie Miller - Trahisons en terres celtes
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

Le Vestibule des lâches
Dans le final du Vestibule des lâches, on apprend que l'un des personnages a découvert une fresque pr...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

dimanche 22 mai

Contenu

Roman - Noir

Signe de terre

Social - Énigme - Assassinat MAJ mardi 05 avril 2022

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 17,9 €

Yves Hugues
La Tour-d'Aigue : L'Aube, mars 2022
196 p. ; 22 x 15 cm
ISBN 978-2-8159-4843-2
Coll. "Noire"

Du fumier dans le salon

Gray est un policier atypique. C'est aussi sans doute un homme atypique qui vit à l'étage au-dessus de celui d'une voisine qu'il aime mais avec laquelle les relations amoureuses sont très complexes (et en plus, il faut supporter la belle-mère qui écrit des horoscopes). Comme policier, il est envoyé par ses supérieurs pour enquêter sur un meurtre étrange. La nuit, alors que tout le monde dort et que seuls quelques paysans restent à côté de leurs bêtes, un homme est assassiné et son corps laissé dans le fumier en plein Salon de l'agriculture. Il est déjà difficile de savoir qui il est et pourquoi il se trouvait là. Des petits détails le tracassent à commencer par les raisons pour lesquelles le mort se trouvait là, mais il est aussi ennuyé car ce dernier n'a pas de papiers, et personne n'a l'air de s'inquiéter de sa disparition. Qui est-il ? Et lorsque Gray découvre son identité, les choses vont encore plus se compliquer.

Le récit d'Yves Hugues est court, et son intrigue tourne autour du Salon de l'Agriculture, sur sa vie nocturne, lorsqu'il n'y a plus de visiteurs. L'écrivain alterne les chapitres évoquant l'enquête et ceux sur la vie quotidienne de son personnage. L'intrigue peut sembler tourner en rond mais il s'agit plutôt des ellipses qui, tout en revenant à leur point de départ, avancent lentement. Le décor du Salon, peu utilisé dans le roman en général, est aussi l'occasion de présenter le portrait du mort de belle façon, en écho à celle du policier qui cherche à connaître la vérité. Deux portraits d'hommes perdus, essayant de trouver un sens dans ce monde, de vivre leur vie comme ils en ont envie. Tout ça donne lieu à des scènes fortes (dont la découverte de la fiancée du mort), et à un récit qui dit beaucoup plus de choses que le simple résumé ne pourrait le laisser penser à la fois sur le monde rural, sur la volonté de différence, sur les haines recuites qui traversent les années et les décennies, et sur l'amour qui parfois subsiste et sauve le monde, fait qu'un sourire existe. Yves Hugues est décédé il y a quelques mois mais en guise d'hommage aussi, son éditeur a publié ce texte finalisé auparavant. Une fidélité et une amitié qui entrent en résonnance avec le texte même d'un roman sensible et humain, s'appuyant sur une intrigue noire classique mais bien construite.

Citation

Avec l'instinct de son animalité, elle y avait fourré son groin jusqu'aux yeux. Et elle fouissait. Elle déchirait l'estomac et y suçait tout. Elle mangeait le foie, les intestins et les reins. Un festin. Elle cassait les côtes d'un coup de tête et attaquait les poumons, mâchait le cœur et buvait pour la première de sa vie, du boudin d'homme.

Rédacteur: Laurent Greusard lundi 04 avril 2022
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page