Un justicier dans la ville

Par-delà ces vieilles ruelles, la prostitution lugubre et les remugles infects, les aliments périmés, les crimes odieux et la misère insondable, en dépit de tout ce malheur et de toute cette pauvreté, il y a de l'humanité. Il y a des liens sociaux. Il y a une vie belle et simple Là-bas, dans les impasses malodorantes, vivent un millier d'aventuriers.
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DVD - Thriller

Un justicier dans la ville

Vengeance - Assassinat - Urbain MAJ lundi 18 avril 2022

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Réédition

Public averti

Prix: 19,99 €

Michael Winner
Death Wish - 1974
François Guérif (présentation)
Paris : Sidonis, mai 2021
1 Blu-ray Zone 2 ; couleur ; 19 x 14 cm

Renaissance d'une nation

Paul Kersey (Charles Bronson) est un architecte new-yorkais confronté au meurtre sauvage de sa femme et au viol tout aussi sauvage de sa fille dans leur appartement par une bande de trois petites frappes. Après une ballade professionnelle du côté de Tucson, Arizona, cet ancien vétéran de la guerre de Corée (c'est un gauchiste, objecteur de conscience) commence à lutter personnellement contre la criminalité galopante. Arborant un sac de courses, il appâte le malfrat pour mieux lui faire ravaler son extrait de naissance à l'aide d'une arme à feu qu'il manie plutôt bien. Le film de Michael Winner est un film qui amène le débat entre la justice personnelle et celle des hommes, la première se devant de supplanter la seconde quand elle s'avère défaillante. Dès le début (après un prologue digne de James Bond contre Dr. No), les policiers font comprendre à Bronson qu'ils ne pourront mettre la main sur les meurtriers. On suit alors tout le lent processus qui amène Bronson à devenir un justicier vengeur. Il passe par toutes les étapes : tremblant la première fois qu'il assène un coup de chaussette transformée en matraque pour l'occasion (vingt dollars en pièces de vingt-cinq cents en guise de lest), il vomit et jure quand il tue son premier homme. Mais peu à peu, l'adrénaline et l'addiction s'installent. Et le voilà prédateur nocturne de tous ceux qui vont en vouloir à son argent bourgeois. Mais Bronson dans ce film (qui pourrait être qualifié de "noir") interprète le rôle de quelqu'un qui réagit avec violence à une situation particulièrement intolérable. Et le rôle qu'il tient n'exclue pas de présenter les tenants et les aboutissants de cette justice personnelle. Michael Winner nous dépeint une aventure avec ses ombres nombreuses. La population se met à croire en lui, et s'en retrouve inspirée. À tel point que ses actes influencent ceux qui commencent à l'admirer. Si l'on peut observer qu'il règle leur compte à des personnes toujours violentes (une arme à la main ; souvent en surnombre, parfois bénéficiant de la complicité passive des citoyens lâches et qui ne savent faire respecter la loi), on ne peut que constater que le réalisateur a pris le soin de se protéger des remarques racistes que l'on aurait pu lui faire : les malfrats abattus sans une seule once de remords sont de toutes les couleurs humaines (avec un joli discours humoristique sur l'égalité raciale lors d'une soirée). Mais ce qui aurait pu faire un Revenge Movie tendance Dirty Harry avec Clint Eastwood (on est obligé d'y penser) se transforme en véritable brûlot contre la corruption de la société. L'entrée du procureur qui demande au flic qui enquête de faire comprendre à Bronson qu'il doit s'arrêter est un des tournants du film. On comprend alors que la ville a besoin de la criminalité et que cette dernière ne pourrait tolérer de disparaitre (elle est utile aux politiques). Dès lors, le film rentre dans son ultime phase sur fond de renaissance d'une nation et des pionniers vs. la civilisation. Et la question n'est plus de savoir comment Bronson va être arrêté (le fameux crime de trop), mais que vont-ils devenir, lui et sa croisade. Sachant qu'il y aura quatre suites, on vous laisse deviner...

Un justicier dans la ville (93 min.) réalisé par Michael Winner sur un scénario de Wendell Mayes. Avec : Charles Bronson, Hope Lange, Vincent Gardenia, Steven Keats, William Redfiel...
Bonus. Présentation de François Guérif. Bande-annonce. Documentaire sur Charles Bronson.

Citation

Les armes sont tellement diabolisées que la moitié de la population a peur de les utiliser. Comme si c'était un serpent. Un pistolet ce n'est qu'un outil. Comme un marteau. Ou une hache. Avant, tout le monde s'en servait. Pour protéger le poulailler des renards et la banque des bandits.

Rédacteur: Julien Védrenne lundi 18 avril 2022
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