La Nuit du hibou

Les Aryens dont nous parlons ici sont donc essentiellement un peuple mythique dont l'histoire fut créée de toutes pièces, et dont le nom fut emprunté. Mais dans les années 1930, les nationalistes s'emparèrent de cette thèse aussi farfelue que typiquement romantique.
Steve Berry - La Prophétie Charlemagne
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

Tokyo revisitée
1949. Tokyo est occupée par l'armée américaine à la suite de la défaite du Japon. Dans cette métropol...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

mercredi 29 juin

Contenu

Roman - Thriller

La Nuit du hibou

Fantastique - Arnaque - Rural MAJ jeudi 02 juin 2022

Note accordée au livre: 5 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22 €

Hye-young Pyun
서쪽 숲에 갔다 - 2012
Traduit du coréen par Pascal Roux, Tae-Yeon Lee
Paris : Rivages, juin 2022
384 p. ; 23 x 16 cm
ISBN 978-2-7436-5660-7
Coll. "Noir"

Labyrinthe du hibou

L'avocat Lee Ha-in a un frère avec lequel les liens se sont distendus avec le temps. Ce dernier a obtenu un poste de garde forestier dans un village de montagne. Un garde forestier un peu particulier puisqu'il s'agit juste d'être à l'entrée de la forêt pour y empêcher l'accèsa ux promeneurs. Il travaille là depuis six mois quand il appelle un soir son frère, parle de tout et de rien puis raccroche. Lee Ha-in est surpris et lorsqu'il cherche à rappeler son frère, il n'obtient plus de réponse. Il décide alors d'aller sur place pour en savoir plus. Là-bas, tout est étrange. L'organisme qui gère la forêt, nommé l'Institut, semble n'avoir plus qu'une secrétaire et un directeur dans les locaux, comme si les ouvriers étaient partis ailleurs. La secrétaire parait ne pas être au courant de l'embauche d'un gardien. En fouillant en ville, l'avocat rencontre des commerçants qui hésitent à parler mais refusent de reconnaître le frère sur la photo qu'il leur montre. Mais certains des commerçants semblent être en même temps des bûcherons qui travaillent au noir dans la foret. Le nouveau gardien ne comprend rien aux demandes et la seule chose qu'il peut présenter c'est un mot laissé des mois plus tôt par le frère de Lee Ha-in et qui précise qu'un "hibou vit dans la forêt" ! Un soir, l'avocat boit dans un bar de la ville et est écrasé en sortant par un camion. Mais personne n'a vu l'accident, sauf le directeur de l'Institut, et aucune caméra n'a enregistré le passage. Et le directeur de se rendre chez le gardien pour le faire boire, ce qui le met en danger car c'est un ancien alcoolique, au grand dam de sa femme.

La Nuit du hibou est un roman étrange et envoutant, dans la lignée de deux textes qu'a déjà proposé Hye-Young Pyun chez Rivages. L'atmosphère nous plonge plus du côté de David Lynch ou de Franz Kafka, dans une version sombre de Haruki Murakami, que dans un polar traditionnel. Si vous attendez une solution et une réponse aux questions que pose le livre, ne soyez pas surpris de ne pas les trouver, écrites de manière sûre et fiable. On devine dans l'entrelac des scènes, dans le flou savamment construit, dans le non-dit des personnages, des possibilités d'explication, des idées qui surgissent, mais sans bien être sûr que ce soit celles que l'on attend ou qui soient les "bonnes". Récit labyrinthique, sombre, comme un fourré dans lequel on chercherait un stylo noir tombé dans les branchages, le texte s'éloigne pour nous présenter un hibou dans une cage, un autre qui hulule au loin pour annoncer quelque sombre prémonition, des bruits bizarres dans la forêt, des sudokus que l'on complète avec un seul chiffre répété à l'infini, des lendemains de cuite où l'on ne se rappelle de rien, et où l'on doute de la réalité. La Nuit du hibou se dérobe à l'analyse, rend le lecteur grand acteur de sa propre lecture, déconcerte. Dès que l'on pense en savoir plus, tout s'écroule et s'écoule entre nos doigts, pour proposer autre chose : une manipulation d'escrocs vieillissants, des employés qui arnaquent leur propre entreprise, des puissances ancestrales perdues dans la forêt ? Tout est possible. Même dans l'univers des forêts, l'on finit étouffé, confiné, coincé dans son propre monde au milieu d'une nature immense. Hypnotique !

Citation

Lee Ha-in, descendu de son véhicule, promena son regard sur cette forêt écrasante qui dévorait tout le champ visuel. L'air était frais et le vent un peu vif. Il ne faisait pas très froid, mais il frissonna et ressentit une impression sinistre. Les arbres formaient une masse obscure.

Rédacteur: Laurent Greusard mercredi 01 juin 2022
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page