Toujours vivantes

Morris était assis à la table de la cuisine, en peignoir, les yeux fixés sur deux œufs au plat qui lui renvoyaient son regard vide.
Ross Macdonald - Cible mouvante
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

Tokyo revisitée
1949. Tokyo est occupée par l'armée américaine à la suite de la défaite du Japon. Dans cette métropol...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

mercredi 29 juin

Contenu

Roman - Noir

Toujours vivantes

Road Movie - Immigration clandestine - Prise d'otage MAJ mardi 14 juin 2022

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19 €

Nicolas Leclerc
Paris : Le Seuil, mars 2022
352 p. ; 23 x 14 cm
ISBN 978-2-02-149880-6
Coll. "Cadre noir"

Portraits de femmes

Parfois, il arrive un moment où les différentes "misères" du monde se rencontrent, un peu comme la rencontre du parapluie et de la machine à coudre chère à Lautréamont. C'est ici le dans ce nouveau roman de Nicolas Leclerc. Aïssatou et Sékou, deux jeunes Guinéens, qui se sont croisés et ont décidé de rejoindre l'Angleterre. Mais le voyage est semé d'embuches, que ce soit déjà pour rejoindre la côte méditerranéenne, puis pour traverser l'Europe. Fait prisonniers par un Français esclavagiste, ils parviennent à s'échapper mais risquent d'être poursuivis par la police. Ils commettent alors un hold-up, récupèrent de l'argent mais aussi une balle qui blesse le jeune homme. Ils parviennent à se réfugier dans une belle villa. Coup de chance pour eux, le propriétaire est un chirurgien qui pourrait soigner la blessure. Et c'est là qu'ils rencontrent une autre misère : celle de l'épouse du chirurgien, une femme battue et soumise. Lorsque les quatre personnages se retrouvent dans une voiture en direction de la Manche, les tensions entre eux et les réactions de chacun pourraient faire éclater les conventions.

Le récit de Nicolas Leclerc est construit avec une structure charpentée classique : d'un côté, nous suivons le road movie des personnages avec d'abord les deux Guinéens que sont Aïssatou et Sékou, puis eux et leurs otages. De l'autre côté, des chapitres alternent pour présenter le passé des différents protagonistes. Du classique mais bien mené. Pour le reste, le lecteur songe à une version française d'un vieux film comme Thelma et Louise. Deux portraits de femmes qui essaient de lutter pour leur liberté et les réactions possibles de deux hommes - l'un qui est amoureux et tente d'aider sa compagne à se construire, l'autre qui est un pervers narcissique violent et imbu de son autorité de mâle. Là aussi, du classique, efficace et prévisible, mais sans tomber dans la caricature. Le tout donne un roman agréable à lire, qui laisse le temps de poser ses personnages pour faire aussi réfléchir le lecteur, tout en l'embarquant dans une intrigue bien conduite. Surtout ne pas bouder un plaisir simple.

Citation

La lassitude et l'épuisement s'abattent sur elle. Tout est fini. L'avenir est désormais incertain. Il n'y a plus de rails tout tracés, plus de routine, plus de repères. Et plus de peur. Hélène est toute seule.

Rédacteur: Laurent Greusard mardi 14 juin 2022
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page