Il n'y a jamais de meurtre en l'île

J'en suis arrivé à la terrible constatation que je faisais partie de la détestable corporation des cons. Attention, pas le modèle ordinaire, pas rien que le con d'un autre. Non, le con d'un autre, on l'est tous peu ou prou. Moi, je faisais plus fort, j'étais l'épouvantable con d'un tas de monde, de la multitude de tous ceux à qui je ne savais pas dire non.
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Contenu

Roman - Policier

Il n'y a jamais de meurtre en l'île

Assassinat - Scientifique - Insulaire MAJ mercredi 19 octobre 2022

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20 €

Alexis Brocas
Paris : Presses de la Cité, août 2022
298 p. ; 19 x 14 cm
ISBN 978-2-258-20000-5
Coll. "Terres sombres"

La possibilité d'une île

L'île, c'est l'île de Ré. C'est là que se sont installés Stéphane, Fanny, Aymeric et Sébastien : tous ont connu une vie "normale", un métier, gagné de l'argent, gagné de l'argent et... gagné de l'argent jusqu'à ce que la vie leur fasse un croche-pattes. Depuis, ils profitent des maisons vides de leurs parents et de la grand-mère de Stéphane, vivant au jour le jour en petite communauté. Jusqu'au soir où Stéphane, après une énième soirée arrosée, part à vélo. Il n'arrivera nulle part : le lendemain, on le trouve sur la piste cyclable, le crâne défoncé par une bourriche d'huîtres. Ne voilà-t-il qui confirme une théorie fumeuse selon laquelle les mouettes seraient capables de soulever les bourriches ? Le trio n'y croit pas. Surtout que Stéphane se vantait qu'il allait bientôt avoir beaucoup d'argent. Et que, comme ils le découvrent, il faisait d'inquiétantes recherches sur le DarkNet... Mais il ne peut y avoir de crime organisé sur l'île de Ré, n'est-ce pas ?

Un polar classique qui, en son temps, eut fait les beaux jours d'une collection comme le "Masque poche" où il aurait parfaitement trouvé sa place, étant nettement mieux écrit que bien des romans "de série" de la vénérable collection jaune moutarde. Il utilise également un thème plus très usité de nos jours, celui de la bande d'amis soudés qui, contrairement à un nouveau poncif, ne cachent pas tous de sombres secrets les poussant à se déchirer bien avant le mot "Fin". On pense plutôt aux films d'Yves Robert genre Un éléphant, ça trompe énormément ou à Mes chers amis de Mario Monicelli. Le côté rétro s'arrête là, le tout rejoint de façon subtile les romans sur le renoncement tout à fait dans l'air du temps : nos glandeurs ne sont pas des "jeunes", mais des quadras s'étant frottés au "vrai" monde et s'y étant brûlé les ailes. Quoi de plus actuel que ce thème, d'autant que la forme de roman choral n'est pas là pour noircir de la page, mais pour présenter des personnages vraiment distincts. On regrettera juste le classicisme de l'enquête qui, heureusement, ne tombe pas dans le morne "polar en région". La fin annonce une série, espérons cependant qu'elle aura un peu plus d'audace.

Citation

Je me suis demandé ce que nous allions devenir sans Stéphane. Si notre petite communauté amicale allait tenir le choc. Et j'ai prié pour qu'elle dure. Parce que je n'avais plus de boulot, plus de famille, plus vingt ans depuis vingt-trois ans, et tout ce qu'il me restait pour me tenir chaud en écoutant cliqueter l'horloge, c'était leur amitié.

Rédacteur: Thomas Bauduret mercredi 19 octobre 2022
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