L'Ange de l'enfer

Pardon, chuchote-t-il, je suis venu troubler votre existence. Elle coulait sans bruit. Et puis je soulève des pierres sous lesquelles grouillent les cancrelats. Malgré ce que je viens d'apprendre, je te veux, petite. Je te veux ! Et je passerai le restant de ma vie à essayer de réparer ta jeunesse ravagée.
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mardi 16 avril

Contenu

Roman - Noir

L'Ange de l'enfer

Fantastique - Hard boiled - Disparition MAJ vendredi 21 octobre 2022

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22 €

William Hjortsberg
Angel's Inferno - 2020
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Etienne Gomez
Paris : Sonatine, avril 2022
430 p. ; 22 x 14 cm
ISBN 978-2-35584-949-7

Tirer le Diable par la queue

Les amateurs de littérature policière avaient découvert au début des années 1980, dans la "Série noire" de chez Gallimard, alors en format poche, outre les séries habituelles, parmi les romans étranges et particuliers qui publiait la collection, Le Sabbat dans Central Park, de William Hjortsberg. Le livre avait fait forte impression et quelques années plus tard, une version cinéma, sous le titre d'Angel heart, avait relancé l'intérêt pour l'histoire. Mais, à la fin du roman, nous avions laissé le personnage central en bien désagréable situation. Lui, c'était un détective privé qui avait perdu la mémoire et s'était lancé à la recherche d'un musicien, pour un client nomme Louis Cyphre, et qui découvert derrière tout ça des relents sataniques. (C'est un résumé en quelques lignes pour ceux qui n'ont pas lu le premier ouvrage et qui permet de bien se représenter la situation.) Donc, tout commence alors que se réveille Angel Heart, dans une chambre d'hôtel, avec une jeune femme qu'il a tuée. La police est déjà là et ricane car ça fait longtemps que les flics veulent coincer le détective. Angel comprend que son ancien client (Louis Cyphre ou Lucifer en fait) l'a doublé et l'a collé dans un piège dont il ne pourra sortir. Mais le détective a plus d'un tour dans son sac et il doit s'échapper, non pas pour prouver son innocence, mais pour mettre la main sur son commanditaire et le tuer. Ce dernier a dû partir pour Paris et Angel va tout faire pour le rejoindre, le retrouver et l'abattre. Les choses se compliquent car s'il est connu comme magicien sur Paris, Louis Cyphre est assez insaisissable. Avec l'aide d'un Américain drogué (un certain William Burroughs) et d'un expert en occultisme, Angel va côtoyer la faune des satanistes parisiens et essayer de retrouver pour le tuer Cyphre. Mais peut-on tuer le diable ? Et surtout quel rapport avec ce groupe secret qui se réunit au Vatican et que l'ami d'Angel a percé à jour ? Tout en nouant une relation amoureuse avec une musicienne, tenancière de boîte de nuit et accessoirement doué en pratiques vaudoues, Angel Heart va avoir fort à faire, surtout qu'un agent du FBI vient d'arriver à Paris avec la ferme intention de l'arrêter.

Il aura fallu attendre une quarantaine d'années pour voir arriver la suite d'un excellent roman. Évidemment, l'effet de surprise de la révélation est quelque peu éventé, et un lecteur attentif pourra même se douter des pages finales, mais l'ensemble est montré avec force. Servi par une ironie et un cynisme qui pique là où il faut, le récit se déroule de manière implacable, avec un retour à l'ancien continent, même si Angel va surtout quand même travailler avec des Américains expatriés. Tous les éléments s'emboîtent, se répondent pour former une intrigue à la fois classique (la recherche d'un personnage mystérieux et dangereux) et décalée (c'est quand même l'envoyé du diable sur Terre qui doit faire face à son conseil d'administration car il est trop gentil - ce qui, en regardant les convulsions du XXe siècle peu paraître un peu exagéré). En tout cas, entre cette lecture, très intéressante, et la relecture du volet précédent de William Hjortsberg, c'est une belle journée de lecture qui vous attend.

Citation

Je trainai le macchabée dans un coin isolé derrière une pile de cartons et de valises vides. Il se passerait peut-être plusieurs jours avant qu'il ne soit découvert. Les rats pouvaient s'en donner à cœur joie.

Rédacteur: Laurent Greusard vendredi 21 octobre 2022
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