L'Archiviste

Alors Il n'avait plus eu qu'une certitude : sa survie passait par sa vengeance. Et la vengeance passait par l'utilisation de leur propre méthode: la désinvolte manipulation d'autrui.
Christine Adamo - Web mortem
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mardi 31 janvier

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Roman - Noir

L'Archiviste

Guerre - Chantage - Faussaire MAJ jeudi 01 décembre 2022

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 18 €

Alexandra Koszelyk
Paris : Aux forges de Vulcain, octobre 2022
268 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-37305-655-6
Coll. "Fiction"

Kafka et Orwell en Ukraine

Auteure d'origine ukrainienne mais vivant et écrivant en français, Alexandra Koszelyk nous livre ici une allégorie morale et politique autour de la situation de son pays. K, l'héroïne, est archiviste, responsable d'un grand musée patrimonial. K a décidé de rester afin de protéger les œuvres qu'elle a cachées dans les dédales labyrinthiques de son musée. Besoin de protéger les œuvres et, peut-être aussi, de rester auprès de sa mère, une femme de culture qui est à la fin de sa vie. Besoin peut-être aussi de rester là au cas où sa sœur disparue depuis le début du conflit viendrait à revenir dans sa ville et son appartement. Toujours est-il que K reçoit la visite d'un homme mystérieux, agent des Russes, chargé d'utiliser les compétences de K et son accès aux archives patrimoniales pour effectuer son plan. Il ne s'agit pas de détruire les œuvres car des copies pourraient subsister, mais de transformer légèrement des œuvres existantes afin d'en changer le sens ou la portée. Par exemple, si l'on altère un tout petit peu le manuscrit original de l'hymne nationale, on fait des Russes des amis éternels en un simple ajout qui restera, puisque cet original sert de référence. K est offusquée, mais l'homme lui montre des photos de sa sœur dans une prison russe. L'homme fait également des remarques sur sa mère, ce qui prouve qu'il sait assez de choses pour la faire chanter. Alors K se met au travail lentement et, en même temps qu'elle accomplit ses petites transformations, elle voit comme en rêve le moment où l'hymne a été écrit, l'artiste qui a créé le vitrail qu'elle doit transformer, etc. Enfin, dans un deuxième temps, K découvre qu'elle est aussi capable d'insérer de minuscules éléments qui permettront aux futurs historiens de retrouver le document originel sous la fausseté qu'elle doit introduire. L'homme s'en rendra-t-il compte ? Quand sa mère meurt et que K apprend que sa sœur a peut-être réussi à fuir la prison où elle était enfermée, elle commence à rêver...

Le récit d'Alexandra Koszelyk n'est pas une enquête au sens normal du terme. Il s'agit plus d'une allégorie jouant sur la noirceur, les pressions politiques et même contenant une certaine atmosphère fantastique (l'homme apparait et disparait comme un diable, connait des choses qu'il ne devrait pas connaître). Le tout crée un roman qui lorgne plus du côté sombre et froid de Franz Kafka (le nom de l'archiviste n'est surtout pas un hasard) que du polar. Ceux qui apprécient l'allégorie, le côté dystopique d'un récit où la réécriture du passé peut conditionner l'avenir (1984 conditionnait ainsi le présent), le rôle des dictatures et une ambiance de guerre, trouveront forcément un intérêt à ce récit classique dans le fond et la forme.

Citation

C'est à ce moment-là, d'un geste lent qui décuplait son plaisir, que l'homme sortit un pistolet de sa poche. Il en caressa la crosse d'un noir brillant. Son extrémité ternie par la poudre montrait qu'il avait servi plusieurs fois. Puis, de façon plus brutale, avec la rapidité d'un chasseur sur sa proie, l'Homme au chapeau pointa son canon sur la nuque de l'archiviste.

Rédacteur: Laurent Greusard jeudi 01 décembre 2022
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