La Maison

Les gars étaient comme des fous, ce n'étaient plus des hommes, des gosses, des ados, l'odeur du fric leur avait grillé le cerveau. Ils ne deviendraient jamais des hommes, c'était trop tard. Tard le soir, lorsqu'ils lisaient des histoires dans leur pieu, ils crachaient sur le Petit Poucet, violaient le Petit Chaperon Rouge et boulottaient le corbeau et ce putain de camembert. Le loup les avait bouffés, il avait bouffé leur âme. Le loup était plus grand, plus fort et plus dangereux.
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jeudi 29 février

Contenu

Roman - Thriller

La Maison

Psychologique - Énigme - Domestique MAJ dimanche 04 décembre 2022

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22,9 €

Vanessa Savage
The Woman in the Dark - 2019
Traduit de l'anglais (pays de Galles) par Ombeline Marchon
Paris : La Martinière, février 2019
426 p. ; 23 x 14 cm
ISBN 978-2-7324-8626-0
Coll. "Fiction"

Home, sweet bloody home

Patrick, Sarah et leurs deux enfants ont tout pour former une famille parfaite. Le papa travaille tandis que la maman s'épanouit dans son travail ménager et des activités de dessinatrice-peintre. Quant aux deux enfants, Joe et Mia, ils poursuivent leurs études. Sarah profite de son temps libre avec sa meilleur amie Caroline. Mais derrière cette bonne ambiance de façade il y a aussi beaucoup de nuages car Joe est le fils d'une première compagne de Patrick, morte d'overdose, et qui est en plein questionnement sur sa sexualité. Mia cherche dans les adultes des bras consolateurs, et ces derniers ont parfois des arrières-pensées plus troubles. Sarah a fait une dépression nerveuse, a manqué de peu son suicide, et tous l'observent et la surveillent. Et puis il y a le beau Patrick, qui commence à devenir étrange suite à une nouvelle lubie. En effet, il vient de découvrir que la maison où il a passé son enfance est en vente, et veut l'acquérir et ce d'autant plus qu'elle n'est pas trop chère : la famille qui avait succédé à la sienne dans la maison ayant été victime d'un meurtrier, elle est considérée comme hantée. Tout ça n'empêche pas Patrick et sa petite famille de s'installer dans la maison, mais tout se délite et se déglingue petit à petit : Mia déclare qu'elle a aperçu Patrick embrasser Caroline, Joe se réfugie dans sa chambre et il s'automutile, Mia se plaint sans cesse et ses relations avec son père sont plus qu'ambiguës. S'ajoutent des rôdeurs qui semblent se promener autour de la maison et laissent des objets incongrus, comme s'ils connaissaient le passé de Patrick ou avaient des informations sur les crimes. Les quatre membres de la famille semblent peu à peu sombrer dans la folie, tandis que l'on apprend que le meurtrier qui avait assassiné l'autre famille est sorti de prison, et surtout qu'il connaissait bien Patrick. Les soupçons et les tensions s'accumulent. La paranoïa s'installe et la folie guette.

De temps en temps, on a un peu l'impression que l'intrigue traîne en longueur. Très rapidement, tout tourne autour de cette maison hantée et sur, petit à petit, la façon dont la folie gagne. On voit Patrick comme un personnage célèbre de Shining qui, pas à pas, voit sa névrose prendre le dessus : celle d'un homme menteur, mythomane et manipulateur, mais en même temsp Sarah n'a pas l'air de bien comprendre ce qui se passe ou interprète peut-être de façon fautive. De nombreux personnages secondaires qui habitent le village et ont connu Patrick enfant sont peut-être des amis du tueur (à supposer qu'il s'agisse du vrai tueur et qu'il n'ait pas eu un complice) et interviennent dans l'intrigue. Ils offrent leur soutien mais veulent-ils vraiment aider Sarah ? C'est cette analyse fine et cette dissection au scalpel, sous un microscope, de gens perdus, coincés dans des folies particulières, cachant "pour le bonheur" des failles ou des secrets de famille qui pèsent finalement sur tout le monde qui vaut le détour. Des fissures et des taches individuelles qui se symbolisent par des taches, des papiers qui se décollent, des moisissures qui apparaissent dans la maison et dont l'emblème le plus angoissant est le sel marin qui peu à peu se colle sur les vitres et les opacifie, accentuant la lourdeur, le poids des secrets et du passé : tout ceci confère un roman, de facture classique et écrit de manière tout aussi classique, quelque chose d'intangible qui le hisse au niveau des très bonnes réussites du genre.

Citation

Il fixe l'enveloppe. Je descends l'escalier, m'apprêtant à lui demander pardon. Mais son regard m'arrête. Il n'est pas en colère ; je sais quand il l'est ; c'est fois, c'est différent. 

Rédacteur: Laurent Greusard samedi 03 décembre 2022
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