La Falaise aux suicidés

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Roman - Policier

La Falaise aux suicidés

Social - Assassinat - Trafic MAJ lundi 02 janvier 2023

Note accordée au livre: 2 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 21 €

Joseph Macé-Scarron
Paris : Presses de la Cité, octobre 2022
298 p. ; 19 x 14 cm
ISBN 978-2-258-19709-1
Coll. "Terres sombres"

Plus on est de flous...

Étretat, célèbre pour ses plages, son aiguille qui inspira Maurice Leblanc et son personnage d'Arsène Lupin, les personnes célèbres qui y séjournèrent... et donc ses falaises, rendez-vous de tous les candidats au suicide, au point que la sirène du marché couvert local a un code spécial signalant qu'il est temps d'aller ramasser un cadavre écrasé. C'est là que Paule Nirsen décide d'en finir avec ce monde avec lequel elle ne se sent plus rien en commun, elle qui décrypte des manuscrits du Moyen Âge en une ère de vulgarité cathodique. Sauf qu'au moment fatidique, elle assiste à une rixe sur la falaise, et un hurlement la pousse à fuir. Le lendemain, le cadavre d'une femme est retrouvé, mais s'agit-il bien d'un suicide ? Elle tombe alors sur Guillaume Lassire, un ancien ami devenu capitaine de gendarmerie, et lui raconte ce qu'elle sait. Lassire qui lui demande de l'éclairer dans son enquête. À l'hôtel où elle est descendue, deux "amis" ont demandé à la voir et sur sa tablette, on a laissé l'image d'une araignée, bestioles qu'elle a en horreur. Or Étretat est aussi une plaque tournante du trafic d'animaux rares, dont des araignées. Et un examen démontre que certains suicides n'en étaient pas...

C'est un curieux roman auquel on a à faire et qui n'a rien à voir avec le talent de l'auteur : le style est d'une simplicité toute simenonienne et la narration d'une grande clarté. L'histoire, en revanche... Il y a certes les tenants des intrigues tirées au cordeau, mais un bon polar ne peut se contenter d'un peu de flou artistique : on se souvient de Raymond Chandler qui, lorsqu'on lui demandait qui exactement avait tué tel personnage, répondait qu'il n'en savait rien. Mais là, on a l'impression que Joseph Macé-Scarron est parti avec un cahier des charges, le besoin de faire "local" (qui est très bien utilisé), et qu'il a écrit au fil de la plume tout ce qui lui passait par la tête. Il faut admettre qu'une inconnue soit amenée à être impliquée dans une enquête officielle, mais les questions pleuvent : pourquoi les coupables chercheraient-ils à voir notre héroïne alors qu'ils peuvent difficilement l'avoir identifiée formellement de loin en plein brouillard (et ce avant qu'elle ait un rôle dans l'enquête) et pourquoi avoir laissé cette photo d'araignée qui oriente l'enquête ? Et comment pouvaient-ils savoir qu'elle est arachnophobe ? Etc. De même, l'auteur semble se rappeler à un moment donné qu'aujourd'hui, il faut sa dose d'horreur et il case un meurtre d'entomologiste particulièrement gratiné (arachnophobes, attention...) alors que rien ne le justifie ! La fin tente tant bien que mal de boucler tous les fils, mais laisse encore bien des points en suspens. Ce qui a pour incidence qu'une fois le livre refermé on se demande ce qu'on a lu exactement...

Citation

Chaque crime avait son écosystème, intervenait dans une communauté d'individus aux prises avec leur environnement. C'était généralement l'erreur de l'assassin, il croyait qu'en tuant une personne il supprimait juste une existence et qu'il lui suffisait d'effacer les traces de son acte pour que la vie autour reprenne. C'était particulièrement débile, parce que son crime remettait nécessairement en cause tout un dense réseau de dépendances, d'échanges, d'informations et que, tôt ou tard, celles-ci réapparaitraient pour peu que l'on dresse avec précision la carte de cet écosystème. C'est pourquoi rien, même le plus petit élément, ne devait être laissé de côté.

Rédacteur: Thomas Bauduret lundi 02 janvier 2023
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