Le Tournoi des preux

Je ne rêve plus. Mon sommeil est droit, ainsi ils n'auront pas à chercher je ne sais quelles autres frusques pour m'habiller. Il ne leur restera qu'à me ceindre de la veste, et d'y accrocher les médailles. Elles ne brillent plus à la lune depuis longtemps.
Laurent Petitmangin - Ainsi Berlin
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

Boix-aux-Renards
Le titre du nouveau roman d'Antoine Chainas désigne un lieu, un lieu étrange, un lieu de contes et de...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

lundi 06 février

Contenu

Roman - Thriller

Le Tournoi des preux

Fantastique - Disparition - Complot MAJ lundi 23 janvier 2023

Note accordée au livre: 5 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 28 €

Jean-Philippe Jaworski
Montélimar : Les Moutons électriques, janvier 2023
528 p. ; 21 x 17 cm
ISBN 978-2-36183-832-4
Coll. "La Bibliothèque voltaïque"

Un tournoi pour l'honneur

Soupçonnée d'adultère par le duc Ganelon, son épouse a été enfermée dans un couvent après un procès où celui qui aurait pu la disculper, Aedan de Vaumacel, le chevalier aux épines, a brillé par son absence. Or, tandis que les partisans de la duchesse déchue, dont ses propres fils, cherchent à la faire rétablir dans ses droits, Aedan revient, enquêtant sur des disparitions mystérieuses d'enfants. Dans un duché au bord de la révolte, où magie et complots ont toute leur place, les véritables objectifs du chevalier vont peu à peu se faire jour. Un tournoi pourra t-il éviter une guerre ?

Considéré, à juste titre, comme l'un des auteurs les plus importants de la fantasy française contemporaine, Jean-Philippe Jaworski avait fortement marqué les esprits avec Gagner la guerre, vaste fresque située dans la ville à tendance méditerranéenne de Ciudala avant de délaisser cet univers (hormis dans une poignée de nouvelles) pour une foisonnante fresque celtique encore inachevée à ce jour (Rois du Monde). Avec Le Tournoi des preux, premier volume d'une nouvelle trilogie, il revient au Vieux Royaume, mais en profite pour changer de point de vue, les ruelles tortueuses et les coups bas de Ciudala laissant la place aux nobles sentiments d'une poignée de chevaliers opposés dans une querelle mêlant lutte de pouvoir et honneur. À travers des personnages croisés dans de précédentes nouvelles, l'auteur ressuscite la chanson de geste et les romans de chevalerie et emprunte, comme toujours, à la grande Histoire pour donner à son univers un fort sentiment de vérisimilitude facilitant l'immersion du lecteur (un choix qui pourrait le rapprocher de Guy Gavriel Kay, autre grand romancier de fantasy "historique"). Car si Le Chevalier aux épines appartient au registre de la fantasy, c'est de manière subtile : la magie y est rare et mystérieuse, tout comme les elfes et les autres figures surnaturelles qui parsèment le récit. Grand styliste et amoureux des mots, Jaworski manie une langue riche, évocatrice, comme on en croise trop rarement dans les littératures de l'imaginaire, et prend son temps pour installer ses ambiances, décrire en détail les situations au point que l'aventure d'un chevalier et de son écuyer égaré dans une forêt des plus ordinaires puisse nous offrir quelques superbes chapitres naturalistes. C'est par cette richesse des mots qu'il parvient à nous entraîner dans ce roman qui, objectivement, n'est qu'une longue montée en puissance aboutissant à un tournoi épique, avec sans doute les plus belles descriptions, les plus réalistes et les plus vivantes qu'il nous ait été donné de lire sur la réalité des joutes et leur violence. Multipliant les énigmes, entre chevaliers mystérieux, nécromants ambitieux et (encore une belle réussite) un chat qui semble capable de voyager dans le temps et nous vaut là aussi de beaux chapitres lorsqu'il nous propose une narration au ras du sol, la fantasy du Tournoi des preux est plus qu'historique, elle est réelle, plausible, et nous attend au détour d'un bois ou d'une pluie de printemps. Vivement la suite !

Citation

Au sein de cette petite foule, on apercevait ici où là la face creusée de quelques anciens, surtout des vieilles ; brunis d'intempéries et de soleil, les museaux des adultes respiraient la badauderie lourde des ruminants ; dans les robes des femmes, toute une garenne de marmousets clignait des quinquets ébaubis.

Rédacteur: Jean-François Micard lundi 23 janvier 2023
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page