BTK : Dennis bind torture kill Rader

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Bande dessinée - Policier

BTK : Dennis bind torture kill Rader

Tueur en série - Prison - Procédure MAJ vendredi 24 février 2023

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 0 €

Jean-David Morvan (scénario), Sergio Monjes, Facundo Teyo & Francisco Del E (dessin)
Scénario adapté de l'œuvre de Stéphane Bourgoin
Préface de Stéphane Bourgoin
Juliette Steren (coloriste)
Hiroyuki Ooshima (illustrateur de couverture)
Facundo Percio (illustrateur de couverture)
Raphaël Ribeiro (coloriste)
Grenoble : Glénat, février 2023
144 p. ; illustrations en couleur ; 27 x 20 cm
ISBN 978-2-344-03954-0
Coll. "Serial killers"

Poème sur la vanité

15 janvier 1974. Wichita. État du Kansas. Quatre membres d'une même famille ont été sauvagement assassinés. Dennis Rader, celui qui deviendra le BTK (pour "Bind", "Torture" et "Kill"), vient de perpétrer ses premiers crimes. 7 juin 2015. Centre pénitentiaire El Dorado. État du Kansas. Jallieu rend visite à Rader pour écouter et enregistrer son témoignage. Un témoignage que nous allons découvrir selon une chronologie particulière. Dessinée et colorisée sur ordinateur, la bande dessinée propose de revenir sur le parcours d'un tueur en série happé dans sa jeunesse par les magazines criminels de son père qu'il lisait en cachette tout en admirant celui qu'il gardera au panthéon des pires tueurs en série, le Boucher de Chicago, H. H. Holmes. Selon une narration bien éprouvée depuis De sang froid de Truman Capote, l'ensemble se découvre un peu comme un true crime avec un narrateur qui s'insinue dans la tête du tueur. Le tout dans un univers qui va délibérément chercher du côté du comics, et qui empreinte à la culture populaire américaine (comme cette mise en abime de la bande dessinée avec des pages de "Crime Does Not Pay", traitées à la façon pop art de Roy Lichtenstein, qui relatent l'histoire du Boucher de Chicago).

Pour ce cinquième volet de la série "Serial killers", Sergio Monjes, Facundo Teyo et Francisco Del E, les trois dessinateurs réunis pour l'occasion, utilisent quasiment tout ce qui peut être utilisé : des extraits de manchettes de journaux, des pleines pages sur d'autres tueurs, des lettres anonymes, des bribes de poèmes viennent parsemer le parcours du tueur avec un soin apporté au découpage des pages et au dynamisme. Une étrange impression de bichromie se dégage qui vire au sépia pour parler du quotidien, au violet pour annoncer la dangerosité. On suit Dennis Rader dans son quotidien d'une affligeante banalité (pour un tueur de cette envergure, père de famille, qui tond sa pelouse en disant bonjour à sa future victime) et aussi quand "Rex" prend le dessus, et qu'il se transforme en prédateur impitoyable.

Sur un scénario de JD Morvan, on découvre également la dualité d'un tueur qui "joue" avec son double et qui joue avec la société. Doté d'un ego a priori surdimensionné, le tueur pêchera par vanité et aussi parce qu'il aura laissé son ADN sur certains lieux du crime. Surtout, vingt-neuf ans après son premier crime, il sera arrêté après des recherches concentrées sur la ville de Wichita, sa bibliothèque et une disquette. Le final de la bande dessinée sonne comme un aveu. Non pas celui du tueur, mais de celui qui se cache derrière Jallieu (un pseudonyme à la sauce Le Grand blond avec une chaussure noire de circonstance... Bourgoin-Jallieu...), et qui a rédigé une préface hommage aux victimes de ces tueurs : quand il jette à la poubelle un dossier que l'on imagine conséquent sur le tueur, il semble tirer un trait sur un pan de sa vie. Enfin, un vaste dossier avec photos vient clôturer cette bande dessinée true crime... "Vanité des vanités, tout est vanité..."

Illustration intérieure


Citation

Mes victimes, je ne les voyais que comme des objets. Ils n'étaient sur terre que pour me satisfaire. Finalement, je prenais plus de plaisir à tout préparer et à mettre mon plan en action qu'à tuer.

Rédacteur: Julien Védrenne jeudi 23 février 2023
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