Les Ombres de Big Ben

Sa bouche s'ouvre et se ferme pour prononcer les mots que personne n'entendra jamais. Des mots décombres.
Sylvie Cohen - La Splendeur des égarés
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

La Cité sous les cendres
Dix ans ont passé depuis que Danny Ryan et son fils ont dû fuir Providence et la vengeance d'une fami...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

dimanche 21 juillet

Contenu

Roman -

Les Ombres de Big Ben

Politique - Historique - Disparition MAJ mardi 28 février 2023

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 23 €

Michelle Salter
The Suffragette's Daughter - 2021
Traduit de l'anglais par Maryline Beury
Paris : Archipel, février 2023
350 p. ; 23 x 14 cm
ISBN 978-2-8098-4399-6
Coll. "Suspense"

Suffragette City

Londres, 1920. Alors que la Grande guerre est encore dans tous les esprits, la journaliste stagiaire du Walden Herald, Iris Woodmore quitte sa résidence au bord du lac de Waldenmere, où elle habite chez son père, pour gagner le quartier londonien de Westminster. Pour une fois, deux femmes s'affrontent pour faire leur entrée à la Chambre des Communes : Lady Delphina Timpson, du côté des conservateurs, et Sybil Siddons, des libéraux – cette dernière originaire de Walden, d'où la présence d'Iris. Or Westminster est douloureux pour la journaliste : en 1914, sa suffragette de mère s'y est noyée dans la Tamise à l'ombre de Big Ben. Alors qu'elle se recueille sur les lieux, elle croise un homme qui prétend avoir été témoin de la scène - sa mère ne serait pas tombée, mais aurait sauté... Iris se lance à la recherche de la suffragette la plus proche de sa mère et découvre qu'elle a disparu. Lorsque Lord Timpson, le mari de Lady Timpson, est retrouvé mort à son tour, tout converge vers sa majestueuse demeure de Crookam Hall qui, sous son vernis de respectabilité, cache bien des secrets...

L'étiquette de "suspense" sur la couverture semble un peu usurpée puisqu'il y en a guère : il s'agit plutôt d'un polar historique "classique" (ce n'est pas un reproche) qui vire de façon inopinée au récit de cour au troisième acte. En fait, certains ont reproché au roman sa rupture à mi-chemin où, sans trop déflorer, une énigme cède la place à une autre, mais cela permet d'éviter de rendre le tout trop prévisible. Il ne s'agit pas non plus d'un roman historique autour des suffragettes, même s'il y a assez d'éléments pour servir de base à des recherches plus approfondies (quoique, on glisse aussi sous le tapis les sujets qui fâchent comme la conduite de ces mêmes suffragettes pendant la guerre, très impliquées dans "l'effort de guerre", à savoir envoyer d'autres se faire massacrer dans les tranchées pour plaire aux puissances de l'argent...). Si l'intrigue évite le manichéisme à la mode, selon la doxa officielle, l'action progresse majoritairement en dialogues et, vu le décor londonien, on eût aimé avoir un minimum de descriptions et de notes d'atmosphère. Certains personnages ont peut-être aussi des comportements collant mal avec l'époque — mais les séries télévisées n'ont-elles pas inculqué que le passé, le présent, l'avenir, ici ou ailleurs, n'ont qu'un référent : l'Occident d'aujourd'hui ? N'empêche s'il y a quelques détails à reprendre, vu l'état du genre en Anglo-Saxonie, ce premier roman de Michelle Salter fait figure de bonne surprise. On attend maintenant de voir comment évoluera la série promise...

Citation

Lady Timpson se leva avec raideur, comme si le moindre mouvement la faisait souffrir. Elle avait perdu du poids et présentait des traits tirés. Cela avait dû être terriblement éprouvant pour elle de passer du luxe de Crookham Hall au dénuement d'une cellule de prison.

Rédacteur: Thomas Bauduret mardi 28 février 2023
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page