Sans foi ne loi

Depuis le début de son incarcération, Daniel s'était construit un autre ailleurs, une existence exemplaire et parfaitement organisée en compagnie de Christine, une femme adorable et jolie, de deux enfants, Julie et Paul, et même d'un chien particulièrement joueur répondant au nom de Lacy. Une vie en parallèle pour fuir l'enfermement, pour ne pas tourner fou.
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lundi 20 mai

Contenu

Roman - Western

Sans foi ne loi

Social - Braquage/Cambriolage - Cavale MAJ lundi 13 mars 2023

Note accordée au livre: 4 sur 5

Poche
Réédition

À partir de 13 ans

Prix: 0 €

Marion Brunet
Paris : Pocket jeunesse, février 2023
238 p. ; 18 x 11 cm

Échec et Pat

Ab Stenson débarque soudainement dans la vie du jeune Garett. Pourchassée par un marshall et ses adjoints après avoir braqué une banque, elle le prend en otage et fuit en direction de Pearl Valley, Wyoming. Oui, c'est une hors-la-loi. Commence alors une suite de péripéties au sein d'une épopée western légendaire qui ne peut que finir mal. Sans foi ni loi, prouve si besoin était le talent de conteuse de Marion Brunet. Certes, elle enfile les clichés du western comme des perles sur un fil, mais le rendu est prenant. Le collier est admirable. Tout se lie, chapitre après chapitre, qui sont autant d'étapes initiatiques (l'ourse, l'affranchi noir, le bain dans une chambre de saloon, l'alcool, les jeux de cartes, la dent arrachée, les bagarres, une fusillade dantesque, l'apprentissage du tir, la découverte du sexe, de l'autre, de l'enfant, de soi...). On pourrait dire qu'il ne manque que les Indiens, et ils sont là, par l'intermédiaire d'un ami métis à la vie à la mort. Pour le reste, il y a des méchants bien méchants (le pire étant ce bougre de Jefferson), un tripot avec une prostituée danseuse forte (Jenny) tenu par un propriétaire fidèle en amitié (Carson), une enfant orpheline de père et délaissée par sa mère qui pourtant l'aime (Pearl), deux amis terribles (Sean et Will) et toute une galerie de personnages qu'on quitte et qu'on retrouve. Et puis une fin digne d'un western (un duel pour récupérer des éperons en or) qui se dédouble avec un épilogue mélancolique.

Le roman est une ode à la liberté et à l'émancipation avec en filigrane la place de l'enfant et de la femme, ainsi que les amours contrariées. Le tout avec le cliché des clichés : le narrateur qui relate sa rencontre avec une héroïne, figure admirée et détestée à la fois. Il faut dire que sa principale faute à Ab Stenson n'aura pas été de braquer une banque, voire de tuer des hommes, mais bien d'avoir voulu dans un monde d'hommes se fondre dans la masse en portant des vêtements d'homme. Elle et Garett étaient faits pour se rencontrer tant ils sont dissociables et similaires. La première, orpheline à New York a été trainée de force dans l'intérieur des terres pour les peupler ; le second, fils de pasteur, a été élevé à la dure, la très dure (il garde les stigmates des forceps et des brutalités de son père). Adultes très tôt, ils s'apprivoisent, se respectent, et c'est bien Garett qui sera son récipiendaire testamentaire. Mais il reste une inconnue à celui qui laissera une trace légendaire dans le Grand Ouest : pourquoi ce nom de Garett ? En tout cas, Marion Brunet a écrit un joli roman western qui se lit à tout âge (à partir de treize ans et après).

Citation

Tu vois, je m'en doutais. Ton père nous croyait pas, le marshall et ses hommes non plus. Parait qu'elle t'a forcé, qu'ils disaient. Mais quand on vous a croisés chez Mac Ferson, t'avais pas l'air de tout faire pour filer. Enfin, ça c'est pas mon problème. Ton père te veut, et vivant, t'as de la chance – mais s'il faut que je dégomme la gosse et la vieille, derrière toi, pour te décider, je le ferai.

Rédacteur: Julien Védrenne lundi 13 mars 2023
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