Robicheaux

Selon toute apparence, le macchabée semblait emmerder l'assistance.
Zolma - Croisière jaune
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

Éclipse totale
Harry Hole a été exclus de la police, ce qui ne l'empêche pas de couler des jours heureux, bouteille ...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

mardi 16 avril

Contenu

Roman - Noir

Robicheaux

Ethnologique - Énigme - Artistique MAJ samedi 08 avril 2023

Note accordée au livre: 5 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 10,7 €

James Lee Burke
Robicheaux - 2018
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Christophe Mercier
Paris : Rivages, juin 2020
556 p. ; 17 x 11 cm
ISBN 978-2-7436-5084-1
Coll. "Noir", 1088

Louisiane légendaire

Molly, l'épouse de Dave Robicheaux, est morte dans un accident de la route, et l'enquêteur a du mal à s'en remettre. Alors, il surveille de près l'autre conducteur impliqué dans l'accident. Mais ce dernier est retrouvé mort. Par malchance, il a été tué la nuit même où Dave Robicheaux s'est remis à boire. Et il n'arrive pas à se souvenir de ce qu'il a fait cette nuit-là. Les choses se compliquent quand le policier chargé de l'enquête, un flic corrompu et peut-être en cheville avec les "ennemis" de Robicheaux, "découvre" des empreintes sur la vitre de la voiture du mort...
Autour de Dave Robicheaux vont graviter d'autres figures habituelles (ou nouvelles) : Levon Broussard, un écrivain qui tente de vivre à part, dans une sorte de dédain sudiste du monde ; son épouse qui oscille entre folie douce et fantasmes étranges ; Nightingale, homme politique local particulièrement nauséabond ; Tony Nemo, un gangster qui aimerait devenir producteur de cinéma et qui veut réaliser un film d'après un scénario de Levon Broussard (un scénario auquel sera mêlée une auteure, la propre fille de Robicheaux). Et puis c'est sans compter sur Penny, un truand particulièrement horrible qui bat son fils Homer, et sur Clete Purcell, le grand ami de Robicheaux, qui veut protéger l'enfant. Mais là aussi quand Penny est retrouvé mort, le détective ami de Robicheaux doit essayer de se justifier. Et quand Smiley, un tueur à gage, passe dans la région, commence à laisser des traces sanglantes derrière lui, et menace peut-être de tuer Nightingale, tout se complique encore plus.

Ce dense roman de James Lee Burke va consister en des allers-retours entre les différents protagonistes, ponctués de bagarres et de phrases définitives sur l'amitié ou la haine, entre deux réminiscences des fantômes des guerres passées (évocations du Vietnam, des massacres en Amérique latine ou de la vision des soldats sudistes, l'une des intrigues tournant autour de la possession de l'épée d'un ancêtre, officier des armées confédérées - donc sudistes -, et objet d'un texte qui doit être justement l'adaptation cinématographique en cours, de Levon Broussard). Comme dans l'ensemble de la série imaginée par James Lee Burke, les personnages centraux, Dave Robicheaux et Clete Purcell, sont magnifiés, y compris dans leurs errements et leurs doutes, dans leurs flambées de violence et leurs croisades parfois vaines. Dans ce volet, la morale finale sera même encore plus amère puisque les coupables ne seront pas forcément punis, que les victoires du Bien seront forcément éphémères. Mais ce qui est surtout fascinant c'est que l'intrigue tient sur un fil, et qu'elle ressemble à d'autres intrigues de la série et que, pourtant, le lecteur est happé par les scènes successives, par la tension qui naît des relations entre les protagonistes, par cette fuite en avant perpétuelle et toujours crédible. Les personnages, les lieux, les décors, les scènes violentes et celles plus fantasmées, les descriptions des atmosphères et même la randonnée sanglante de Smiley (pour une fois, le tueur fou n'est pas une menace pesante, mais comme une sorte de justicier simplet et lunatique) concourent à empêcher le lecteur de quitter une seule seconde le roman.

Citation

Tel un poète préromantique, quand j'ai des périodes de mélancolie, que je trouve le monde trop pesant, que je sens que tôt ou tard nous finissons par gâcher notre pouvoir d'obtenir et de dépenser, je suis forcé de marquer une pause et de réfléchir aux expériences que j'ai eues avec les morts, et à l'emprise qu'ils exercent sur nos existences.

Rédacteur: Laurent Greusard samedi 08 avril 2023
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page