Déguster le noir

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Contenu

Nouvelle - Policier

Déguster le noir

Psychologique - Énigme - Artistique MAJ mardi 22 août 2023

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 21 €

Collectif
Anthologie présentée par Christian Rauth
Patricia Delahaie (nouvelle)
Christian Blanchard (nouvelle)
Jérémy Fel (nouvelle)
Anouk Langaney (nouvelle)
Sire Cédric (nouvelle)
Nicolas Beuglet (nouvelle)
Ian Manook (nouvelle)
Roger Jon Ellory (nouvelle)
Bernard Minier (nouvelle)
Nicolas Jaillet (nouvelle)
Jacques Expert (nouvelle)
Sonia Delzongle (nouvelle)
Pierre Bordage (nouvelle)
Traduit du français par Fabrice Pointeau
Paris : Belfond, juin 2023
298 p. ; 23 x 14 cm
ISBN 978-2-7144-9749-9
Coll. "Noir"

À consommer sans modération

Dernier volume d'une série consacrée aux cinq sens, concoctée par Yvan Rauth, un amateur qui fait appel à des auteurs confirmés ou intéressants du genre, Déguster le noir décline le goût comme son titre l'indique. À l'intérieur de la série, le recueil est de bonne qualité. S'il commence moyennement avec une nouvelle dont la chute est téléphonée et compréhensible par un lecteur attentif dès le début (et que ce fait se retrouve un peu avec "La Visite" dont on perçoit rapidement les enjeux), le deuxième autour d'une femme bouc émissaire de ces amis et qui se révolte durant un repas se révèle bien goûteux. Le texte de Cédric Sire est une variation autour des mannequins et de leur "anorexie" programmée. Bien amenée, la fin qui montre que la victime a peu compris ce qui lui arrivait est réjouissante. Pierre Bordage nous offre une nouvelle, un peu futuriste, et autour de la raison d'État avec un président qui est empoisonné et son goûteur accusé de faire partie des criminels qui ont fomenté sa mort. Ce goûteur comprendra in fine qu'il est sans doute le bouc émissaire d'un complot. Jacques Expert à la fin du volume reviendra dans sa nouvelle sur ce thème du goûteur avec une variante là aussi d'un humour macabre. Quant à Christian Blanchard, en prenant le sujet de loin (le goût du sel que peut avoir l'eau de mer ou les larmes), il évoque une version actualisée du roman de John Steinbeck, Des souris et des hommes. "Alfajores" raconte comment la perte du goût peut traumatiser un homme. Jérémy Fel s'attarde sur une histoire qui rebondit régulièrement autour, au départ, de gens vivants à la campagne et se détestant les uns les autres, dans un contexte de privation alimentaire, tout en ayant une réflexion très politique. "Jalousies" est un texte qui en jouant sur les deux sens du mot du titre obtient un texte noir à la chute sombre. "Un père à la truffe" est une évocation sensible et rude du monde de l'enfance tandis que le texte de Ian Manook est un bijou d'humour noir avec un homme qui a été floué par ses complices et qui revient se venger dans une intrigue qui ajoute pierre à pierre la description de la méchanceté. Le recueil se clôt avec le seul auteur étranger de l'anthologie, celui de Roger Jon Ellory. Un policier est chargé de travailler sur un tueur en série qui dévore des parties de ses victimes. Suite aux conseils d'un autre policier, il essaie de se "mettre dans la peau" du tueur pour mieux comprendre ses ressorts intimes. Mais c'est un piège diabolique qui se met alors en place et qui termine la pagination de manière intelligente et bien amenée. Voilà donc un recueil rempli de bonnes nouvelles, intéressantes en diable, qui confirme, si besoin était, la valeur des auteurs accueillis. Si, au gré des intérêts du lecteur, l'une ou l'autre semblera plus captivante, ou mieux amenée, l'ensemble ne démérite pas et le goût est sans doute le meilleur cru de la série.

NdR - L'anthologie comporte les nouvelles suivantes : "Le Goût des autres", de Bernard Minier, "Ripaille", d'Anouk Langaney, "Tous les régimes du monde", de Cédric Sire, "Amertume", de Pierre Bordage, "Joé", de Christian Blanchard, "Alfajores", de Nicolas Jaillet, "Dans l'arène", de Jérémy Fel, "Jalousies", de Sonja Delzongle, "La Visite", de Nicolas Beuglet", "Un père à la truffe", de Patricia Delahaie, "Feijoada", de Ian Manook, "Le Goûteur", de Jacques Expert & "Scène de crime", de Roger Jon Ellory (traduit de l'anglais par Fabrice Pointeau).

Citation

L'accusation aura une explication très simple : le goûteur officiel de palais n'est pas mort parce qu'il savait que le plat était empoisonné et qu'il a seulement fait semblant de le goûter. Et les jurés élèveront cette hypothèse au rang de certitude.

Rédacteur: Laurent Greusard jeudi 17 août 2023
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