Les Régicides

Quand on ne dit pas les choses, c'est comme si elles n'étaient pas tout à fait vraies. Quand on les dit...
Pierre Pelot - Givre noir
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

La Cité sous les cendres
Dix ans ont passé depuis que Danny Ryan et son fils ont dû fuir Providence et la vengeance d'une fami...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

jeudi 25 juillet

Contenu

Roman - Thriller

Les Régicides

Historique - Vengeance - Révolution MAJ lundi 13 novembre 2023

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 23,9 €

Robert Harris
Act Of Oblivion - 2022
Traduit de l'anglais par Anne-Sylvie Homassel
Paris : Belfond, novembre 2023
552 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-7144-9834-2
Coll. "Noir"

Rayez le roy d'un trait de plume

Les Français ont le sentiment sinon la conviction d'avoir inventé la révolution et d'avoir été les premiers à assassiner pour des motifs de changement politique leur roi. Outre le fait qu'il y a eu de nombreuses révolutions avant 1789, il y a également eu des régicides et pas seulement pour changer de dynastie mais pour changer de système. On oublie souvent qu'au milieu du XVIIe siècle, les Anglais, sous l'impulsion de mouvements religieux dirigés par un certain Cromwell, allaient condamner à mort et exécuter le roi Charles Ier. Mais quelques années plus tard, le fils du roi allait reprendre le trône et chasser les révoltés. C'est à ce moment de l'Histoire que débute le roman de Robert Harris. En 1660. Après la reprise en main du royaume, il convient d'empêcher qu'une telle chose ne recommence, et le roi décide de montrer l'exemple. Un homme, Richard Nayler, va être chargé de retrouver ceux qui ont signé l'arrêt de mort de son père, de les emprisonner puis de les châtier sévèrement. Richard Nayler y trouvera son compte car il a lui-même subi dans sa chair et la chair de sa famille les morsures des révolutionnaires. Il est surtout content de trouver parmi les signataires deux militaires, liés familialement à Oliver Cromwell, Edward Whalley et son gendre, William Goffe. Ayant abandonné leurs familles, les deux hommes se sont réfugié en Nouvelle-Angleterre, dans les communautés américaines, elles aussi très liées aux puritains dont Cromwell était proche. Mais Nayler s'est lancé à leur poursuite. Entre les éléments naturels, les Indiens, les traîtres royalistes et ceux qui veulent la paix, y compris en dénonçant les révolutionnaires, le sort des deux hommes qui pensent en silence à leurs familles restées au pays est sur le fil du rasoir !

Robert Harris a une longue trajectoire de romans policiers, d'aventure, qui lorgnent du côté de l'histoire. Il a même commencé sa carrière par le très réussi Fatherland (également publié sous le titre Le Sous-marin jaune qui se déroulait dans une Allemagne nazie des années 1960 qui avait réussi à gagner la guerre, et le récit s'ouvrait par un concert des Beatles pour fêter l'anniversaire du Führer). Il avait récidivé avec des romans dans la Rome antique ou par une reconstitution nerveuse de l'Affaire Dreyfus, entre autres. V2, son dernier roman, évoquait les ultimes batailles de la Seconde Guerre mondiale autour des derniers envois de V2 sur l'Angleterre. Avec ce livre, il se retrouve au meilleur de sa forme pour nous raconter une aventure intéressante : en fuyant les deux hommes vivent dans le même état que des prisonniers pour éviter la mort, se cachant, fuyant, vivant mal. Par des courts retours en arrière, l'histoire de Cromwell et de sa révolution sont présentées de manière succincte mais intelligible pour des lecteurs français peu sensibilisés aux méandres de l'histoire ancienne anglaise. Pour le reste on a des aventures, une vengeance, la part des femmes dans la grande histoire, différents éléments qui font un roman sensible et vivant, plus axé sur l'aspect historique et des aventures que sur un registre policier pur et dur. Mais le tout est captivant !

Citation

Barkstead avait été un lieutenant de la tour de Londres réputé pour sa dureté et son avarice, puis, nommé major général adjoint de Londres, il avait étouffé la capitale sous un régime puritain des plus rigides, faisant démolir le théâtre du Globe, arrêtant les prostituées par centaines, les bannissant en Amérique, abattant les mats de fête, fermant les fosses à ours de Bankside et interdisant les réjouissances traditionnelles du Mardi gras.

Rédacteur: Laurent Greusard lundi 13 novembre 2023
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page