Brooklyn requiem

Les cas de figure sont nombreux, mais le résultat reste le même : on rit. Avec Michel Fourniret, le contexte est extrêmement particulier. Les faits sont épouvantables. L'accusé est odieux, sa femme horripilante. Il fait froid sur Charleville-Mézières, et Charleville-Mézière - Rimbaud lui-même l'avait écrit - n'est pas une ville qui prête naturellement à rire même quand il fait chaud.
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jeudi 21 octobre

Contenu

Roman - Policier

Brooklyn requiem

Tueur en série - Procédure MAJ jeudi 20 mai 2010

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 18,5 €

Ken Bruen
Once Were Cops - 2008
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Marie Ploux, Catherine Cheval
Paris : Fayard, avril 2010
302 p. ;
ISBN 978-2-213-63716-7
Coll. "Noir"

Actualités

Faire son trou en faisant des trous

Matt O'Shea est, comme son nom l'indique, est un Irlandais. Assoiffé de pouvoir, il décide d'entrer dans la police tout en répondant à ses pulsions de tueur en série, qui étrangle ses victimes avec un chapelet vert. Mais l'Irlande est un terrain de chasse beaucoup trop petit, et il va aller chercher la gloire à New York, dans le cadre d'un échange entre polices. Là, il va pouvoir faire s'épanouir ses compétences diverses.
Ken Bruen est un auteur prolifique. À peine a-t-on repéré un de ses livres qu'un autre déboule. Et pourtant, derrière chaque histoire, il y a toujours le même souci de la qualité. Brooklyn requiem ne raconte aucun crime en détail, oublie des éléments, s'égare (ou nous égare plutôt) sur un personnage secondaire dont l'œil relance l'intrigue : nous sommes avec O'Shea et puis l'intrigue se focalise sur son équipier, un policier ripou dont la sœur est tuée. Représailles de truands ? Peut-être... Puis un journaliste, frère d'une autre victime, débarque avec O'Shea dans son collimateur...
Ken Bruen sans sombrer une seule seconde dans le sordide, déroule son histoire avec brio, bifurque, change de point de vue, titube mais c'est pour mieux d'un coup de rein revenir en plein centre, là où ça fait très mal (y compris avec une chute... chut !). Du coup, sa façon de constamment se décaler renforce sans y toucher la caractérisation des personnages qui deviennent des êtres de chair et de sang, des gens que l'on croise, dont toute l'intériorité ressort par une phrase cinglante ou par la façon de boire ou de refuser une bière. Une véritable humanité s'agite-là, avec ses tares, sans que l'auteur n'y instaure une dose de moralisme bien pensant.
Tendu comme la flèche sur l'arc, Bruen gratte jusqu'à l'os son intrigue, fait disparaître tout le gras pour n'offrir au lecteur que les meilleurs morceaux. O'Shea est tueur en série, mais bon, c'est quasiment normal pour lui, c'est sa façon d'appréhender le monde. Il a la densité des policiers de James Ellroy et leurs obsessions, mais c'est au lecteur de faire tout le travail. Là où Ellroy dissèque, revient, triture, s'obsède lui-même avec une langue chargée en émotions, Bruen choisit une autre voie (une autre, pas une meilleure ou une inférieure, une AUTRE) et décrit lui aussi un monde sombre et caché,où tout n'est que rapport de force, violence, travestissement de la vérité pour un impact maximum, bref ici et maintenant.

Nominations :
Prix Nouvel Obs BibliObs du roman noir étranger 2011

Citation

Parce qu'à la fin des fins, quand les emmerdes me pleuvaient dessus, j'aurais payé cher pour récupérer une dose de ma propre prévisibilité.

Rédacteur: Laurent Greusard lundi 26 juillet 2010
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