Jeune fille tranquille d’une Cité, Jess est attirée dans un guet-apens par son amoureux, puis droguée et violée en réunion. La vie dans son quartier devient un enfer car elle est considérée comme une pute, un « métier » que son petit ami entend lui proposer. Sa mère, qui ne l’aimait déjà pas, la chasse. Elle décide alors de prendre la fuite, fait du stop, descend dans les gorges du Verdon où une jeune femme lui offre un hébergement. Elle commence à travailler dans le camping local. Et alors qu’elle reprend son souffle, elle envoie une carte postale à sa sœur pour lui donner de ses nouvelles. Cela va permettre à son ancien compagnon de venir la chercher, avec un ami qui est impliqué dans le trafic de drogue et qui se balade avec un sac rempli de billets. Surtout, pour Jess, les ennuis continuent…
Tel est le point de départ du roman de Patrice Gain, celui retraçant la vie de Jess, et ses « aventures » pour mener une vie digne, sur plusieurs années. Le texte s’appuie sur des descriptions de la vie naturelle, sur un retour à la ruralité propice à la plénitude (Jess va devenir une apicultrice), même si l’auteur ne cache pas qu’il y a aussi des difficultés et de la toxicité dans les relations humaines, même si Jess se verra aussi aidée par des gens divers. Seules les rivières se concentre sur le personnage de Jess, un personnage décrit avec soin et humanité dans un monde qui tente de se créer loin de la noirceur et de violence, sans pourtant en minimiser les effets délétères. Un roman plein d’espoir, sans sombrer dans l’angélisme, oscillant entre le « rose » et le « noir » pour offrir une belle leçon de vie.