Jay Gardiner a grandi dans l’ombre oppressante de son père, un célèbre plongeur. Même s’il a beaucoup appris de lui, il s’en est éloigné, car sa présence était trop présente. Mais son père est mort et son corps a disparu dans l’océan Pacifique, au large d’une plage californienne connue des plongeurs. Devant le besoin de se réconcilier avec ce père, et d’alléger sa propre culpabilité, Jay Gardiner décide d’entreprendre une action dangereuse : plonger à son tour dans les parages de l’endroit où son père a disparu et tenter de retrouver son corps ou au moins des ossements. Seul problème : le coin est fréquenté par des grosses (vraiment grosses) bestioles aquatiques, dont certaines peuvent causer des dégâts énormes à un frêle être humain. Sans compter que le corps de son père est peut-être tombé dans une fosse très dangereuse où, entre la faune locale et les pièges d’une descente rapide mais d’une remontée impossible, les risques sont conséquents. Mais Jay Gardiner s’en moque et plonge. Il va se retrouver confronté à une situation extrême à cause d’un enchainement de circonstances et de la rencontre fortuite d’animaux plus gros que lui (d’un calmar à un cachalot). La mort se rapproche rapidement.
Le roman de Daniel Kraus est un flux continuel d’adrénaline autour du personnage central de Jay Gardiner. Entre le récit de ce piège qui l’aspire, raconté non pas par minutes mais par la suite des annonces de sa jauge d’oxygène qui baisse, et des flashbacks qui évoquent les souvenirs entre lui et son père, Whalefall est sans temps mort et les digressions sur son père vont aider le fils à se sortir de la situation effrayante dans laquelle il est. Le suspense et la peur culminent grâce au talent de Daniel Kraus qui réussit à rendre compte de la situation de manière très visuelle. Chaque ligne du récit renforce l’angoisse qui étreint le lecteur face à une mort annoncée, dans d’horribles conditions, et en rendant crédibles toutes les scènes, même si cela pourrait apparaître un peu forcé au début. Un pur roman d’angoisse, noir et sombre, et une réussite stylistique de première force (rendue sans aucun doute par une traduction impeccable).