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Poche
Inédit
Tout public
Traduit de l'anglais par Hélène Prouteau
Paris : 10-18, septembre 2011
384 p. ; 18 x 11 cm
ISBN 978-2-264-04805-9
Coll. "Grands détectives", 4461
Final viennois éclatant
Une cantatrice est morte, victime d'une surdose de Laudanum. C'est ce que laisse penser la vue des flacons vides. Mais la vie d'Ida Rosenkrantz est plus complexe qu'elle n'y parait. Dans un contexte politique tendu, il faut qu'Oskar Rheinhardt et Max Liebermann unissent leurs facultés de raisonnement pour débusquer la vérité.
L'inspecteur Oskar Rheinhardt a été appelé au domicile d'Ida RosenKrantz, retrouvée morte dans sa chambre. Son corps est disposé sur un tapis, méticuleusement. Les flacons vides de laudanum orientent le policier vers un accident ou un suicide. Le légiste découvre qu'une côte a été cassée. Il évoque alors la possibilité d'un assassinat. En écrasant la poitrine, la mort survient par suffocation. Il suffit qu'une personne se soit assise sur la victime.
Pour les enquêteurs, les indices sont maigres, les pistes rares. Un jardinier, au chômage, affirme avoir vu le bourgmestre de Vienne, en personne, sortir de chez elle pendant la nuit de sa mort. Mais, celui-ci est en pleine campagne électorale, pour sa réélection.
Parallèlement, à un concert, Max Liebermann rencontre une vieille dame qui lui fait part de ses souvenirs et d'un musicien mort accidentellement ne laissant qu'une œuvre publiée. Ce morceau touche beaucoup le psychiatre, qui peu à peu, reconstitue la vie de ce compositeur jusqu'à sa disparition brutale...
Peu à peu, les deux limiers découvrent qu'Ida était "une femme anxieuse, hystérique, encline à nouer des relations avec des partenaires peu fiables". Et l'affaire Rosenkrantz se révèle bien plus complexe et dangereuse qu'Oskar l'avait imaginée.
Frank Tallis restitue, par de nombreuses scénettes, l'atmosphère d'une ville qui, en 1903, était encore une des capitales-reines de l'Europe. Il brosse un tableau vivant de cette ville, met l'accent sur la musique, omniprésente, sur un art de vivre, sans évacuer les difficultés qui s'amoncellent à cette époque : tensions politiques, antisémitisme...
L'auteur évoque des domaines variés, techniques, sans être ennuyeux. Ainsi, il fait entrer le lecteur dans le monde musical, multipliant les explications. Il donne l'occasion de rencontrer des personnages historiques comme Gustav Mahler dans son rôle de directeur de l'Opéra de Vienne, Sigmund Freud que Max rencontre régulièrement. Il dresse aussi le portrait de l'empereur François-Joseph, une image bien éloignée de celle montrée dans la série des Sissi. C'était, en fait, un bourreau de travail qui menait une vie monacale.
Ses deux héros sont toujours aussi attachants. Mais, dans ce volet, l'auteur ne les ménage pas. Même si Oskar peut continuer à gouter, plus que de raison, les fameuses pâtisseries qui ont fait la renommée de la ville, à se délecter de cigares, il doit faire un choix crucial, confronté à un dilemme presque cornélien.
Avec l'Opéra de Vienne, Frank Tallis, illustre les ambitions des artistes, les intrigues, les complots, les machinations pour obtenir les premiers rôles. Il montre aussi, la fragilité de ces vedettes dont la gloire reste toujours incertaine. Cependant, il ne laisse pas planer le doute quand il fait exprimer par une cantatrice : "Elle avait tardivement accepté que la carrière d'une chanteuse ne dépendait pas seulement d'une belle voix. Quant à Ida Rosenkreutz, elle en était venue à la même conclusion bien des années plus tôt."
L'auteur s'est enfin décidé à mettre un terme à l'incertitude quant à l'évolution des relations entre Amelia Lydgate et Max.
Petite musique de la mort clôt, d'après l'éditeur, le cycle de la partition viennoise des "Carnets de Max Liebermann".
Pour reprendre des termes en usage en musique, le maestro Tallis nous livre un final éclatant, une superbe symphonie de sentiments et d'émotions, un suspense et une intrigue qui, sous des dehors légers, génèrent une véritable tension.
Citation
Oublions cela et tournons-nous vers une approche plus psychologique. Cette missive est anonyme, donc l'auteur tenait à préserver de son identité. Curieusement, ce que chacun de nous tente de dissimuler trouve fréquemment un moyen détourné de s'exprimer. La vérité transparaît sous forme de signes et d'aberrations très subtils.

