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Inédit
Tout public
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Laura Derajinski
Paris : Gallmeister, janvier 2010
192 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 9782351780305
Coll. "Nature Writing"
Actualités
- 07/11 Festival: Livres en tête pour David Vann
- 04/06 Auteur: David Vann à la "une"
- 19/09 Prix littéraire: Prix Médicis 2010 : du noir à l'horizon ?
- 16/06 Prix littéraire: Ils ont été récompensés...
Petite récolte de lauriers noirs...
- Quai des enfers d'Ingrid Astier (Gallimard coll. "Série noire") a été couronné par le jury du prix Polar en plein cÅ“ur 2010.
- L'Île des chasseurs d'oiseaux de Peter May (Le  Rouergue) a eu les faveurs des lecteurs du prix des Ancres noires 2010.
- Les jurés du premier prix polar Saint-Maur en poche ont dû avoir beaucoup de mal a élire leur roman préféré puisque deux lauréats ex-æquo sont sortis de leurs délibérations : Le Magicien de Jean-Marc Souvira et Le Château d'Amberville de Thierry Bourcy.
- Quant au roman de David Vann Sukkwan Island (Gallmeister), il a été plébiscité par le jury du 4e prix des lecteurs du magazine L'Express qui l'a distingué parmi une sélection qui comprenait 1940. L'année noire de Jean-Pierre Azéma, Lily et Braine de Christian Gailly, L'Horizon de Patrick Modiano, La Centrale d'Elisabeth Filhol, La Mort au crépuscule de William Gay, Le Gang des mégères inapprivoisées de Tom Sharpe, Le Premier amour de Véronique Olmi, L'Ombre de ce que nous avons été de Luis Sepùlveda, Nuits de noces d'Astrid Eliard, Un léger passage à vide de Nicolas Rey et L'Olympe des infortunes de Yasmina Khadra.
Liens : Quai des enfers |Le Château d'Amberville |Ingrid Astier |David Vann |Luis Sepùlveda |Thierry Bourcy |Jean-Marc Souvira |Polar à la Plage | Polar en plein cœur - 16/06 Auteur: David Vann en signature
- 21/01 Librairie: Noirceur insulaire
Island in the snow
Un homme et son fils, seuls au milieu de la nature hostile d'une île en Alaska. Au début, on prend peur : un ersatz de La Route, une fuite désespérée sur fond de fin du monde avec, en prime, le développement des liens filiaux père-fils. Sauf que dans Sukkwan Island, la confrontation avec la nature est volontaire. La retraite dans une cabane perdue en Alaska est une idée du père, qui jusqu'à présent, ne voyait son fils que les week-ends. Une année entière rien que eux, à apprendre à se connaître entre parties de pêche, coupe et ramassage de bois, chasse aux cerfs et constructions de caches à nourriture. Profiter de l'été pour prendre ses marques, s'armer pour l'hiver, passer l'hiver et s'épanouir au printemps.
Sauf que, voilà, rien ne va évidemment se passer comme prévu. Le début de ce huis-clos est traité par le menu détails des tâches quotidiennes et nécessaires des deux personnages : trouver à manger, se chauffer, se préparer pour la baisse des températures. Le fils découvre avec effarement que le père n'est pas plus préparé que lui à cette aventure, qu'il ne sait pas tout, qu'il doute et qu'il peut se tromper. Leur première victoire : réussir tant bien que mal à scier des planches correctes pour un abri de bois est bien vite suivie par leur premier gros échec : être parti en vadrouille, laissant leur cabane, leurs vivres et leur équipement à la portée d'un ours qui va s'en donner à cœur joie dans la destruction du nécessaire de survie des protagonistes.
Le père et le fils s'en sortent, chutent et se relèvent, grappillent difficilement de petites victoires sur la nature ennemie, l'apprivoisent et le quotidien s'installe. On s'attend forcément à un retournement de situation, à quelque chose qui viendra casser ce rythme lent et méthodique, imperturbable de la narration descriptive. Oui, mais ce ne sera pas ce qu'on attend : pas de course poursuite avec des chasseurs autochtones, pas de révélation ascétique au pied d'un arbre, pas de retour prématuré à la civilisation, à l'école et à la vie de famille. La traque se fait entre le père et le fils, ce dernier contraint de subir, toutes les nuits, l'auto-psychanalyse que s'inflige son père dans le noir, l'amenant à des révélations sordides sur sa vie privée qui glacent son fils, impuissant. La course-poursuite se fait entre le père et sa propre rédemption, le fils face à ses propres incertitudes, déchiré entre son désir de s'échapper au plus vite de cet enfer familial et l'envie de rester aux côtés de ce père qui sombre. Ne sombrera pas celui que l'on attend, là encore. L'inattendu est fortement ménagé, dans Sukkwan Island, véritable drame sombre, sans échappatoire aussi bien physique que morale. Mais l'on referme le livre avec un goût amer, peut-être dû à une seconde partie – qui ne passe plus sur l'île – plus faible, où le nature writing ne tient plus la place prépondérante bien qu'elle soit toujours présente, et où l'on sent poindre une délectation de l'écriture et de la description moindre.
On en parle : L'Indic n°5
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Je crois que j'ai vécu trop longtemps au mauvais endroit

