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Grand format
Inédit
Tout public
196 p. ; 23 x 14 cm
ISBN 978-2-8098-4929-5
Coll. "Suspense"
La fin justifie les moyens
Quoi de plus anonyme qu'un bistrot ? Le Bar de l'Avenir, rue des Filles-du-Calvaire à Paris, reste ouvert en cette veille de Noël avec son barman, cet être qui n'a souvent pas de nom, qui existe à peine, qui n'est là que pour servir des coups, encore et encore. Celui-ci porte le poids de ne pas avoir pu émuler son père, Algérien et héros de la Résistance. Et des clients ordinaires : Fred l'habitué, en chaise roulante depuis qu'il a sauté sur une bombe lors d'une opération de l'armée. Rokia, l'humble caissière qui noie son mal-être dans la vodka. Nour, la femme d'affaire égarée. Marie dite Maryline, la call-girl. Fabrice, qui s'est réfugié là faute de pouvoir dire son lourd secret à ses parents. Et Christophe, qui a fait une pause entre sa maîtresse et sa femme. Sauf qu'à 21 h 30, le patron verrouille la porte et sort un fusil. Les voilà à la merci d'un forcené... mais l'est-il vraiment ? Que veut-il exactement à ces inconnus ? Qui est exactement celui qui essuie les verres derrière son comptoir ?
Amis de la belle écriture, ne passez pas votre chemin ! Il est évident que l'on est là sur cette frontière entre les littératures dites noire et blanche, cette zone grise qui donne souvent des œuvres passionnantes. Pas de coups de théâtre fracassants, pas de bruit et de fureur, on touche plus à la vérité des êtres — on pourra disserter pour savoir si ce roman relève ou non du genre qui nous intéresse — en faisant ce qui est rare de nos jours : une œuvre profondément humaniste, une sorte de "Breakfast club" bistroquier qui ne cède jamais aux sirènes du misérabilisme. De plus, l'autrice a l'élégance de ne pas étirer inutilement son propos. Que du bon ? Non, car il est dommage que, même si on n'attendait pas un grand retournement de situation, la fin donne dans le consensuel et la moraline hollywoodienne là où on attendait plus subtil. Dommage, on frôle le sans faute...
Citation
La vie s'évapore au gré des lumières qui meurent. Les stores s'abaissent, les portes se ferment. Un chat solitaire file sous la grille d'un poste.