Écoute mes mensonges

Plus j'avance, plus j'ai le bide qui se contracte, je serre les miches, tu ne peux même pas imaginer. Fourre-moi une olive dans la raie du cul, je te fais un litre d'huile vierge, première pression à froid. T'entraves pourquoi je ne vais pas bien ? Non ? Ben oui, plus j'avance, plus je me rends compte que c'est chez la môme Martine qu'ils sont tous...
Stanislas Pétrosky - Je m'appelle Requiem et je t'...
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

Bleus, blancs, rouges
Paris, fin des années 1970. Les années Giscard, le disco, une certaine idée d'un pays figé et conserv...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

jeudi 03 avril

Contenu

Roman - Thriller

Écoute mes mensonges

Psychologique - Énigme - Urbain MAJ mercredi 02 avril 2025

Note accordée au livre: 2 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22 €

Amy Tintera
Listen For the Lie - 2024
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Raphaëlle O'Brien
Montesson : City, janvier 2025
412 p. ; 23 x 15 cm
ISBN 978-2-8246-2829-5
Coll. "Thriller"

L'amnésique adoucit les mœurs

Elle s'appelle Eva Knightley, auteure de romances de Los Angeles, bien que ses livres ne lui épargnent pas de devoir occuper un "vrai" boulot. Elle est également Lucy Chase, et un jour, un podcast "Écoute mes mensonges" signé Ben Owens, consacré aux affaires criminelles, dévoile la vérité : il y a cinq ans, à Plumpton, Texas, lors d'un mariage, sa meilleure amie Savvy a été retrouvée assassinée d'un coup sur la tête. Lucy elle-même a été retrouvée au matin, errant sur la route, sa robe tachée de sang, sans aucun souvenir du soir d'avant. On n'a jamais trouvé la moindre preuve contre elle, bien que toute la ville veuille absolument qu'elle soit coupable, d'où son choix de partir pour Los Angeles. Où la voix de Savvy résonne encore parfois dans sa tête, lui conseillant de tuer, tuer, tuer... Mais le podcast coûte à Lucy son emploi, et lorsque sa grand-mère Beverly lui propose de retourner à Plumpton pour ses quatre-vingts ans, elle se dit qu'elle n'a rien à perdre. Peut-être même pourra-t-elle découvrir ce qui s'est vraiment passé. Sauf que Ben Owens l'a suivi à Plumton. Lucy est-elle vraiment si innocente que ça ? Après tout, comme elle le dit elle-même, la vérité n'a pas d'importance...

Le roman d'Amy Tintera est-il encore un thriller-Netflix ? (C'est-à-dire un ouvrage bâclé sans se soucier de logique et de vraisemblance dans le seul but d'être acheté par l'hydre télévisuelle.) Oui et non. On en a tous les ingrédients : une narration sur deux époque, un meurtre non résolu, une fausse (?) coupable, pas mal de remplissage... Sauf que cette fois, notre héroïne n'est pas une de ces nunuches sorties toute droit d'un had I but known poussiéreux qui peuple ce genre de romans très politiquement corrects. L'auteure maintient sans cesse l'ambiguïté, à savoir que son personnage, quoique d'un humour noir roboratif, n'est pas forcément entièrement sympathique et encore moins une héroïne attribuée, ce qui dépendra du jugement de chacun (le coup de la voix dans sa tête évoque plus les polars psychédéliques italiens des années 1970, et d'ailleurs, ne sert pas à grand-chose...). Il y a donc un ton, ce qui manque à la plupart de ces romans. En revanche, on consacre un peu trop de temps à des retranscriptions de podcast ou apparemment, il suffit d'insister pour que l'on dévoile tous ces secrets qui tiennent plutôt de ragots – dans cette petite ville, il semblerait que tout le monde couche avec tout le monde, ce dont on se fiche un peu — sans véritable incidence sur la suite. L'ennui, c'est que l'aspect polar reste discutable : l'amnésie à beau dos (mais sinon, il n'y aurait pas de romans), l'enquête fait bâclée (à l'époque, les prélèvements ADN existaient déjà mais tout le monde semble l'avoir oublié). On se demande pourquoi la ville entière et même ses propres parents accusent Lucy. Il n'y a pas vraiment de suspense puisque tout le monde a plus ou moins refait sa vie. On rajoute un brin de romance parce qu'il en faut et le coupable est facile à trouver pour qui a lu quelques polars, menant à une scène finale pas aussi forte qu'elle ne l'aurait dû tant les échanges sont caricaturaux. L'ensemble tient cependant la route sans être d'une originalité folle pour s'apparenter à ce que l'on appelait à l'époque un roman de gare.

Citation

Chaque soir, lorsque Jerry Howell sort de son bureau, il ne laisse absolument aucune trace de son passage. Il a probablement raté sa vocation de tueur en série. Remarquez, il n'a qu'une quarantaine d'années. Il a tout le temps de se lancer dans un nouveau hobby.

Rédacteur: Thomas Bauduret mercredi 02 avril 2025
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page