2030 : l'odyssée de la poisse

Aujourd'hui, j'ai tué un petit garçon. J'ai serré les mains autour de sa gorge. Je sentais le sang qui battait fort sous mes doigts. Il a gigoté, m'a flanqué des coups de pied, et je me suis pris son genou dans le ventre, comme un lasso de douleur.
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lundi 15 juillet

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Roman - Policier

2030 : l'odyssée de la poisse

Anticipation - Médical - Scientifique MAJ vendredi 01 octobre 2010

Note accordée au livre: 2 sur 5

Poche
Inédit

Tout public

Prix: 8 €

Antoine Chainas
Miles Hyman (illustrateur de couverture)
Paris : Baleine, septembre 2010
17 x 10 cm
ISBN 978-2-84219-477-2
Coll. "Le Poulpe", 269
Le Poulpe

Actualités

  • 17/12 Radio: Et deux épisodes de plus, deux... (Ondes noires, de la Noir'rôde)
    La onzième saison d'Ondes noires - "L'émission polar la plus rock de la bande FM" - s'est il y a peu enrichie de deux épisodes supplémentaires que l'on peut écouter au bout de ce lien. Retour sur ondes...

    Épisode 4 - 17 novembre
    L'on a coutume d'écouter en première partie d'émission des chroniques et, cette fois, c'est un entretien qui ouvre le bal, une conversation téléphonique avec Hervé Delouche, qui vient d'être réélu président de l'association 813. Ce n'est pas cette reconduction qui vaut à 813 d'être l'objet d'une attention particulière de la part de la Noir'rôde mais le trentième anniversaire de l'association. Petite remontée aux origines, présentation de la revue et des Trophées éponymes sans oublier le site internet : Hervé Delouche brosse un beau portrait en abrégé de cette association qui est aujourd'hui un acteur déterminant dans le petit monde du noir/polar.
    Baptisée d'après le titre d'un des romans de Maurice Leblanc ayant Arsène Lupin pour héros, elle a vu le jour en 1980, dans le prolongement du premier festival français dédié aux littératures policières qui s'est déroulé à Reims. Et ses premiers membres étaient, sinon des auteurs de romans policiers, du moins des amateurs très éclairés, voire des spécialiste d'un genre alors ignoré quand il n'était pas méprisé. Même si l'horizon du paysage polar s'est considérablement modifié les raisons ne manquent pas qui justifient que l'on se mobilise encore pour défendre un genre que beaucoup continuent de snober.
    813 c'est aussi une revue. D'abord bulletin de liaison entre les membres de l'association, elle a peu à peu évolué vers l'outil de référence. Elle est, à ce jour, l'une des plus denses avec ses dossiers thématiques, ses interviews d'écrivains et autres études de fond. Un numéro spécial a été édité pour ce trentième anniversaire, où sont recensés les "cent polars préférés" des huicenttreizistes. Une petite bible pour qui voudrait débuter une "bibliothèque noire idéale" mais aussi pour le lecteur boulimique qui découvrira là deux ou trois perles ignorées de lui.
    La seconde partie de l'émission se déroule aussi au téléphone, avec au bout du fil Jean-Marc Lahérrère - on peut lire ses chroniques sur son blog Actu du noir - qui vante les mérites d'un roman argentin paru aux éditions Rivages, Patagonia Tchou-tchou*.
    "Pas vraiment un polar, plutôt un roman d'aventure, un roman social" explique Jean-Marc Laherrère, que l'on qualifierait de "road movie" s'il s'agissait d'un film au lieu d'un livre, et si l'action se déroulait sur route plutôt que sur rail. Disons, alors, que l'on a affaire à un "train novel" ?
    Raúl Argemi, Patagonia Tchou-tchou (traduit de l’espagnol – Argentine – par Jean-François Gérault), Rivages "noir", octobre 2010, 272 p. - 8,50 €

    Épisode 5 - 1er décembre
    Une première partie "tout à Jacques" qui, d'abord, adresse un beau coup de chapeau à Sébastien Gendron, dont il salue deux romans, Taxi, take off & landing – un roman soi-disant "aérien" qui débute dans un aéroport mais, en réalité, plutôt une sorte d'OVNI livresque bien difficile à étiqueter – et Mort à Denise, contribution de l'auteur à la vaste saga du "Poulpe" alias Gabriel Lecouvreur. Ainsi Jacques emboîte-t-il le pas à Bob Garcia qui, sur une autre station de radio – TSF Jazz – avait déjà fait savoir combien l'OVNI "aérien" l'avait désopilé... Avec citations et extraits à l'appui – par exemple cette description de la promise du héros : "grosse, chiante comme un CD de Florent Pagny et peu portée sur le chichi" - Jacques ne peut qu'emporter l'adhésion de tout auditeur ayant quelque envie de se décrisper les zygomatiques. Quant à l'épisode du "Poulpe", il a son zeste de références révolutionnaires – on y croise paraît-il le Che, et Fidel, mais dans un esprit plus proche des Picaros d'Hergé que de la dialectique marxiste – et semble se vouloir plus poulpesque que ses pairs : chaque chapitre porte en titre celui, détourné, d'un film fameux, par exemple "La dernière tentation du Poulpe"... Pour relever encore son enthousiasme pour Sébastien Gendron, Jacques rapproche sa plume de celle de Jean-Bernard Pouy. Peut-on ne pas être, à son tour, gagné par l'envie de se plonger dans ces deux livres ?
    Pour clore la première partie, il passe de Gendron à Chainas… via "Le Poulpe" puisque Antoine Chainas a lui aussi "fait son Poulpe", 2030 : l'odyssée de la poisse.
    En seconde partie d'émission, Corinne s'entretient avec Anne-Marie Mancels, comédienne et ancienne fonctionnaire de l'État, fondatrice des éditions Porte-voix. Elle édite des "livres à lire avec les oreilles", dont l'idée lui a été soufflée si l'on peut dire par le côtoiement de non-voyants au cours d'ateliers de lecture avec des non-voyants qu'elle a animés. Elle a ainsi découvert que beaucoup d'entre eux ne connaissent pas le braille et se fondent essentiellement sur l'écoute, d'où cette initiative de mettre des textes à leur portée en les leur proposant lus par ses soins et enregistrés sur CD. D'emblée la jeune éditrice a voulu créer deux catalogues, l'un généraliste et le second "tendance noire", centré sur la littérature de la région marseillaise. Pour l'heure, trois titres ont paru dont deux polars, Tueuse d'Annie Barrière, et Bonne mère de François Thomazeau.
    Jacques et Corinne concluent ce cinquième épisode en chœur pour saluer un auteur qu'ils affectionnent particulièrement, Ken Bruen. Ils ont donc beaucoup apprécié l'initiative des éditions Fayard - l'une des deux maisons qui éditent Ken Bruen en France, la seconde étant Gallimard - qui ont rassemblé en un recueil intitulé Une pinte de Bruen 1* quelques-uns des premiers textes de l'auteur, de ceux qu'il a écrits avant de connaître la gloire littéraire. L'on trouve dans ce recueil deux courts romans d'environ cent cinquante pages et des nouvelles dans lesquels, explique Jacques, se lisent déjà les grands traits qui caractérisent la "patte" de ce romancier irlandais. Un auteur qu'on ne lit pas pour se mettre du baume au cœur mais pour jouir "d'une très belle écriture", dit Corinne. On aura donc grand profit à acquérir ce recueil, soit pour découvrir un auteur soit pour approfondir ce que l'on sait de ses livres...
    Mais l'on pourra aussi préférer aborder un texte plus récent, par exemple la septième "affaire" de Jack Taylor, En ce sanctuaire, soigneusement présenté par Corinne.
    * Ken Bruen, Une pinte de Bruen 1 (traduit par Simone Arous), Fayard "Noir", mars 2010, 380 p. - 19,50 €.
    Liens : Patagonia Tchou-tchou |Tueuse |En ce sanctuaire |Maurice Leblanc |Raúl Argemí |Antoine Chainas |Ken Bruen |Sébastien Gendron |François Thomazeau |Anne Marie Mancels |La Noir'Rôde |813 |813

Ce qu'il faut savoir sur la série

Le Poulpe est un personnage libre, curieux, contemporain. C'est quelqu'un qui va fouiller, à son compte, dans les failles et les désordres apparents du quotidien.
Quelqu'un qui démarre toujours de ces petits faits divers qui expriment, à tout instant, la maladie de notre monde. Ce n'est ni un vengeur, ni le représentant d'une loi ou d'une morale, c'est un enquêteur un peu plus libertaire que d'habitude, c'est surtout un témoin.

2030 : Chainas devrait battre son Poulpe

Si Le Poulpe est un personnage libre et libertaire qui a eu quarante ans en l'an 2000, Antoine Chainas le projette dans le Paris de 2030, alors qu'il est quasi grabataire. Certains de ses proches sont morts, d'autres éternels. Il ne bande plus ou presque, et est obligé de s'offrir une séance de Porn-incarnation pour s'envoyer en l'air comme à ses plus tendres années avec Chéryl. En 2030, évidemment, la science et l'ultra-capitalisme ou libéralisme ont fait des progrès. Une grosse entreprise domine sans fois ni loi : Omnicron Inc, qui produit des Omnimorphes, des clones d'humains qui n'ont ni conscience ni souvenirs (on vous passe les © Omnicron Inc 2020 qui pullulent). Mais un étrange tueur s'attaque à la première génération dont fait partie Georgie, celui avec qui Le Poulpe a eu sa séance de baise, et en qui remonte justement un souvenir. Georgie est en danger. Le Poulpe le sent. Alors il repart en croisade et va trouver un allié en la personne d'un étrange bouquiniste, ancien scientifique. Une course contre la mort s'installe pour amener Georgie en un lieu stratégique, pendant que Gabriel use et abuse des clones, vomit boyaux et tripes, tue sans vergogne ou presque, mais est totalement impuissant dans une histoire où il est somme toute transparent.
Et c'est là que c'est dommage. En quelques deux pages - allez quatre - Antoine Chainas se débarrasse des éléments constituant l'essentiel de la bible de la collection. Il dresse vite fait un aperçu du Pied de porc à la Sainte-Scolasse, le temps que Le Poulpe prenne sa bière bio OGM bizarre et pose ses yeux sur un Gérard hémiplégique en fauteuil roulant. Le reste n'est qu'une histoire qui pourrait faire partie de n'importe quel roman, et encore, difficile de s'immerger dans ce roman tant l'écrit est fragmenté. On a l'impression de se trouver devant un puzzle au motif étrange, les pièces assemblées entre elles avec un marteau. À la fin seulement, on découvre un autre récit, un véritable mais trop court roman comme si enfin Antoine Chainas s'était approprié son histoire. Seul survit le bouquin qui accompagne l'intrigue, et qui donne son titre à cet épisode : 2001, odyssée de l'espace. On attendait mieux d'Antoine Chainas qu'un roman de science-fiction aux théories à peine effleurées, pour atteindre au final la dimension d'un jeu vidéo où tout va trop vite avec une manette de jeu aux commandes inversées.


On en parle : La Tête en noir n°149

Citation

Dites-moi, à partir de quelle génération, de quel niveau de conscience exactement peut-on considérer qu'un clone fait partie de l'espèce humaine ?

Rédacteur: Julien Védrenne mercredi 01 décembre 2010
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