La Lampe de Providence

Passé ce carrefour, la route traversait un hameau, où il ralentit pour regarder les maisons et les magasins subsistants, en se demandant ce qu'il restait des gens dans ces bâtisses grises et anonymes qui disparaissaient peu à peu comme si elles s'effritaient, se fondaient dans la terre. Il lui semblait pourtant qu'on l'observait. Il lui semblait toujours qu'on l'observait dans ces villes fantômes.
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Contenu

Roman - Insolite

La Lampe de Providence

Humoristique - Psychologique - Énigme MAJ lundi 30 mai 2011

Note accordée au livre: 5 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 15 €

Hervé Picart
Bègles : Le Castor astral, mai 2011
240 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-85920-836-3
L'Arcamonde, 5

Ce qu'il faut savoir sur la série

Frans Bogaert est antiquaire à Bruges. Il est propriétaire de L’Arcamonde, une boutique située sur le Spiegelrei, le Quai du Miroir. Lauren l’assiste dans son commerce et dans ses enquêtes. Il a acquis une réputation d’expert en objets anciens et insolites qui l’a fait surnommer le Sherlock Holmes des bibelots.
Sa première enquête, Le Dé d’Atanas, est relative à une sorte de cube en os humain, ayant appartenu à un disciple de Pizarro. L’Orgue de Quinte, le second mystère se dévoile avec le légendaire orgue à liqueurs du héros d'un roman du XIXe siècle.
La série, prévue en douze volumes, est conçue comme un roman-feuilleton, chaque épisode, publié selon un rythme semestriel, étant reliés par des "fils rouges", des références, aux enquêtes précédentes.

L'Antiquaire enquête dans le passé !

Frans Bogaert, depuis Bruges, est confronté à un meurtre vieux de plus de cent cinquante ans, à Providence, dans l'état du Rhodes Island. Un défi qui n'est pas pour déplaire à cet antiquaire plus perspicace que Sherlock Holmes. Un nouveau volet de la série L'Arcamonde, qui place la barre très haut.

Lauren a dû représenter son patron, Frans Bogaert grippé, au salon des Antiquités de Boston. Comme on approche de Noël, elle lui a rapporté une lampe ancienne, qui ressemble à une lampe à pétrole, bien que cette hypothèse laisse Frans dubitatif. En l'essayant, il participe à une scène étrange du passé, découvrant la mort d'un homme. Il comprend qu'il s'agit d'une lampe de magnétiseur qui aide à l'hypnose d'un tiers et fonctionne aussi pour l'autohypnose. De plus, cette lampe possède la capacité de conserver des souvenirs de ceux qui l'ont utilisée. Commence alors pour Frans et Lauren, qui se prend au jeu, un fabuleux jeu de piste à un siècle et demi d'écart. Mais, en l'utilisant, les deux contemporains vont, eux-aussi laisser, des souvenirs.
Parallèlement, Laura, l'épouse enfuie de Frans, a fait un retour furtif à la fin de l'épisode précédent et son ombre plane. Quelle est cette silhouette qui semble guetter, au second étage d'un immeuble, de l'autre côté du canal ? Pourquoi un lumignon bleu s'allume-t-il seul, à la tombée de la nuit, au milieu du canal ?

Hervé Picart, une fois encore enchante avec ce cinquième épisode de la série de "L'Arcamonde", du nom de la boutique de l'antiquaire. Il captive, dès les premières lignes, en multipliant les intrigues, les structurant d'informations toutes plus passionnantes les unes que les autres. Il les croise, les entremêle, tisse un tel écheveau qu'on est emporté par son art de conteur.

L'auteur possède une grande culture, qu'il restitue sans ostentation. Celle-ci ne porte pas uniquement sur les objets qu'il décrit ou dont il doit percer le mystère, mais touche tous les sujets qui composent son récit... et ils sont nombreux.
La Lampe de Providence lui offre l'occasion d'aborder l'hypnose, le Mesmérisme, le Transcendantalisme... Il met en scène, une galerie de personnages remarquables entre un magnétiseur, un christ douteux, un étudiant retors et un groupe de jeunes femmes qui ne s'en laissent pas conter. Il fait revivre un Edgar Allan Poe au bout de sa route, contant fleurette à une riche poétesse dans les allées du cimetière de Providence.
L'humour et le regard critique sont omniprésents. C'est un régal de découvrir au fil de l'histoire ces remarques pertinentes et ces images si évocatrices.

Certes, on peut lire, comme nous y engage l'éditeur, chaque épisode indifféremment. Toutefois la lecture chronologique permet de savourer tout le sel de certaines réflexions, remarques échangées entre Frans et Lauren, sa mystérieuse assistante arrivée un jour, ne demandant, en contrepartie de son travail, que l'usage de l'appartement situé au-dessus de la boutique. L'auteur lève légèrement le secret et dévoile une petite part : "... des cachoteries (de Lauren) dont elle l'embrouille depuis cinq ans".
L'édition de La Lampe de Providence est d'une grande beauté, mariant avec élégance la police de caractères, la texture et couleur du papier, des illustrations choisies avec soin, le tout sous une couverture rigide du plus bel effet.

Cette série se savoure comme un mets précieux aux multiples fragrances, comme un élixir aux subtils arômes. "L'Arcamonde" n'est pas une suite de récits d'aventures furieuses, mais le suspense instillé dans les intrigues est bien aussi intense que celui que l'on peut avoir dans une succession et une débauche d'actions explosives et violentes. La Lampe de Providence relève du grand art dans le registre de l'énigme psychologique.

Citation

- À ceci près que c'est le passé qui vient à moi sans y être invité, et non l'inverse.
- Tant mieux. Cela vous préserve des paradoxes temporels et autres périls de ce genre : vous ne risquez pas de tuer par hasard votre aïeul au coin d'une rue, rendant ainsi votre présent plus qu'hypothétique. Je tiens à conserver intact mon patron favori...

Rédacteur: Serge Perraud mardi 24 mai 2011
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