Block Party : un roman à dix étages

Je ne sais pas ! murmura le vieil homme. On m'a dit que vous êtes capable de faire des miracles.
Jean d'Aillon - L'Homme aux rubans noirs
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

La Tempête qui vient
Le titre de ce nouveau roman de James Ellroy, par ailleurs deuxième volet du "Second quatuor de Los Angel...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

vendredi 06 décembre

Contenu

Roman - Noir

Block Party : un roman à dix étages

Social - Drogue - Urbain MAJ mardi 30 avril 2013

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Public averti

Prix: 21 €

Richard Milward
Ten Storey Love Songs - 2009
Traduit de l'anglais par Audrey Coussy
Paris : Asphalte, mars 2013
296 p. ; 20 x 15 cm
ISBN 978-2-918767-30-5
Coll. "Fictions"

Arrib arrib Haribo

Block party : un roman à dix étages... mais à un seul paragraphe de près de trois cents pages. Un seul et long paragraphe à lire en un seul et long shoot.
Une flopée de personnages tous laissés sur le bord du chemin ou plutôt dans un immeuble de dix étages : Peach House. Parmi eux, on s'attache particulièrement à Boby l'Artiste qui multiplie les œuvres sous l'influence de tout ce qui a du degré d'alcool et du pouvoir psychotrope. Georgie, sa copine est, elle, droguée à ces Haribo qu'elle s'enfile aussi bien au travail (faut dire qu'elle bosse pour un marchand de bonbons) que chez elle. Au-dessus de chez eux, Johnnie est un pornophile qui ne s'explique pas pourquoi Ellen, pourtant nymphomane, ne parvient pas à prendre du plaisir avec lui (qui ne pense qu'à la pilonner sauvagement), terriblement jaloux, il n'hésite pas à faire avaler une lame de rasoir (après lui avoir remodelé le visage à coups de poings et de pieds) à Angelo qui habite l'appartement du dessus et qui s'est un peu trop approché d'Ellen (la nymphomane, vous suivez ?). Il y a aussi Alan Slow le Salaud, raciste et alcoolique, attiré par les jeunes filles de l'école toute proche qui voit plutôt d'un bon œil le tabassage en règle d'Angelo.
Peach House, c'est une cour des miracles hallucinée où tout circule : champignons hallucinogènes, bières, cidre, herbe, amphètes, ecsta, téléphones volés et locataires en mal d'amitiés, en mal d'amour, en mal de reconnaissance, en mal d'argent, en mal au bide, à la tête, à la société, à la gloire. Une galerie d'anti-héros plus ou moins fascinants, plus ou moins attachants.
On y plonge comme dans un long shoot de trois cents pages rythmé par les galères et les espoirs, par l'amour toujours plus fort, par les rêves et les cauchemars d'une micro-société qui ne sait pas trop si elle a le droit d'espérer.

Et tandis que le succès arrive pour l'un des (anti)héros, la déchéance s'applique sur d'autres parce que ça se passe comme ça à Peach House. Le livre défile, les ecsta et les Haribo descendent dans les gorges, les drogues montent au cœur, les désirs descendent dans les bas-ventres, les personnages montent et descendent les étages, comme un ballet psychédélique où rien ne tient en place mais qui fonce à toute allure vers un bonheur possible et une chute fracassante sur l'asphalte d'une cité industrielle.

Citation

Au moment où il a vu le clip de 'I am the Walrus' dans Tops of the Pops 2, à l'âge de huit ans et demi, le petit Bobby a su qu'il voulait consacrer sa vie aux stupéfiants.

Rédacteur: Gilles Marchand mardi 30 avril 2013
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page