L'Affaire de la Soubeyranne

Commerce, finance et manufacture sont l'avenir du monde.
Joachim Sebastiano Valdez - Les Larmes des Innocentes
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

La Guerre est une ruse
Frédéric Paulin retrace avec intelligence l'histoire violente de l'Algérie entre 1992 et 1995, un...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

jeudi 21 mars

Contenu

Roman - Policier

L'Affaire de la Soubeyranne

Historique - Social - Assassinat MAJ vendredi 05 juin 2015

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19 €

Jean Contrucci
Paris : Jean-Claude Lattès, mars 2015
400 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-7096-4871-4
Coll. "Suspense et Cie"
Les Nouveaux Mystères de Marseille, 12

Ce qu'il faut savoir sur la série

Commencée en 2002 par Jean Contrucci, critique littéraire à La Provence, la série des "Nouveaux mystères de Marseille" se  compose de romans basés sur des faits réels. Chaque intrigue est l'occasion de visiter un quartier différent de la ville à la Belle Époque.

Un sombre roman sous un beau soleil !

C'est en tant que reporter du Petit Provençal que Raoul Signoret se rend à Château-Gombert, dans le domaine de la Soubeyranne, où doit se dérouler un combat entre un taureau et deux tigres, un spectacle interdit à Marseille. Seul un public trié sur le volet est admis. Après quelques péripéties, il réussit à entrer en compagnie de Bonnafon un vieux photographe du journal qui habite le village. Sa visite à Château-Gombert rappelle à Raoul que, dans son enfance, son oncle Eugène Baruteau l'emmenait tout près, aux grottes Loubière qui recèlent des merveilles géologiques. Pour récompenser ses deux enfants de leur bon travail scolaire, il organise une visite dominicale. Mais, déception, l'entrée est murée. Raoul remarque que le ciment est encore frais sur certaines parties. Il se renseigne auprès du restaurateur tout proche, reconverti en horticulteur. Ce sont les habitants qui l'ont fait fermer, il y a une dizaine d'années, suite à la découverte du corps d'une adolescente violée et mutilée. Assisté du garde champêtre, qui a le grade d'officier de police judiciaire, et de Bonnafon, Raoul démonte le mur et trouve les cadavres d'une fille et d'un garçon d'une douzaine d'années, de type méditerranéen, aux mains usées. Est-ce le criminel qui a récidivé ? Mais, personne ne signale la disparition des enfants. L'autopsie révèle qu'ils sont morts sous l'effet d'un poison foudroyant provenant de graines d'origine asiatique.

Avec Les Nouveaux mystères de Marseille, Jean Contrucci explore le passé de la ville alors qu'elle n'avait pas encore l'ampleur géographique d'aujourd'hui. Ainsi, il situe la présente intrigue dans une commune qui, en 1909, était bien indépendante alors qu'elle est englobée, maintenant, dans le XIIIe arrondissement de la cité. Il raconte la vie à Marseille et dans ses environs au début du XXe siècle. En s'appuyant sur une enquête policière, il mène un véritable travail d'historien, traque les détails de la vie quotidienne, fait revivre cette époque avec ses événements locaux, avec son parler, ses particularités. Mais, il évoque aussi les événements nationaux qui ont une répercussion sur la vie locale, sur l'ordinaire des Marseillais. Il décrit les industries telles que les savonneries, les huileries, les usines de soufre, les filatures qui fonctionnent avec une main d'œuvre à bon marché, des migrants venus d'Italie, des enfants réduits en esclavage.
On retrouve les fondements de la série avec les rapports entre les héros, la galerie de personnages secondaires hauts en couleur, la restitution de l'ambiance de cette époque. L'auteur intègre à son récit une relation érudite de l'histoire locale et multiplie les détails. Il emploie un ton très humoristique et on retrouve, dans des dialogues fort imagés, toute la faconde provençale d'une atmosphère "à la Pagnol". Cependant, à l'abondance des anecdotes, il allie une intrigue au suspense très présent.
Toutefois, dans ce livre, l'auteur laisse percer une certaine désillusion, ne faisant plus de cette époque, une si belle période. La cause est-elle à chercher dans le choix du sujet où les hommes, comme les femmes, sont sans morale, sans scrupules ?
Cependant, il est heureux que Jean Contrucci soit revenu sur sa décision d'arrêter la série de peur, pensait-il, de faire le livre de trop. Qu'il se rassure, ce n'est pas le cas, et le présent volume possède toutes les qualités d'un remarquable roman.

Citation

... oublient un peu vite qu'un Marseillais sur quatre arrive d'ailleurs et ce, depuis peu de temps ? Qu'en cinquante ans, la population a quintuplée ?

Rédacteur: Serge Perraud mardi 02 juin 2015
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page