Madame la Marquise et les Gentlemen Cambrioleurs

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Roman - Policier

Madame la Marquise et les Gentlemen Cambrioleurs

Humoristique - Historique - Énigme MAJ jeudi 26 janvier 2017

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 17,9 €

Frédéric Lenormand
Montesson : City, octobre 2016
272 p. ; 22 x 15 cm
ISBN 978-2-8246-0840-2

Une pétulante héroïne !

C'est en mai 1951 qu'Edwin Carrington, photographe de son état, rencontre lors de l'exposition Britain and Napoléon au Victoria and Albert, une femme qui mobilise son attention. Elle est devant la victoire ailée qui ornait la sculpture de l'Empereur au sommet de la colonne Vendôme. Un geste rapide et la statuette est en morceaux. Usant de son titre, de son aura de marquise, elle s'éclipse emmenant l'original caché jusqu'alors dans un bouquet de gardénias, près de la consigne. Elle entraîne Edwin jusque chez elle où elle lui raconte la genèse de l'affaire. Elle savait, depuis 1908, que cette statuette allait être là.
En 1908, arrive au Ritz une tornade en la personne de Luisa marquise de Casati, avec ses accompagnateurs, une montagne de bagages, un boa dans son vivarium et un nombre considérable de cages contenant, entre autres, un grand singe, un guépard... Dès son arrivée, elle se trouve entraînée dans l'aventure à cause d'une jeune élève qui participe à la journée porte ouverte, croise pour la première fois la route d'Alfred Lupin et de l'inspecteur Justin Galuchard. Le lendemain, parce que son perroquet s'est envolé, elle signale à la direction la présence d'un cadavre sur le toit. Il s'agit d'un éminent scientifique créateur d'un procédé novateur permettant de déplacer les masses les plus pesantes. Cette affaire lui fait pressentir la présence d'un homme dangereux qui détient la Victoire ôtée de la statue de l'Empereur sur la colonne Vendôme, juste en face du Ritz. Quand, dans la presse, elle prend connaissance du défi de Lupin de voler le bien le plus précieux au comte et à la comtesse de Melleroy, lors de la réception que ceux-ci vont donner, elle décide d'être présente et de contrecarrer les desseins du cambrioleur...

Après "Les Nouvelles Enquêtes du juge Ti", celles du vibrionnant Voltaire, Frédéric Lenormand met en scène le frère d'Arsène Lupin aux prises avec une authentique marquise. Luisa Adèle Rosa Maria est née à Milan en 1881. Son père, Alberto von Amann, un industriel anobli, meurt quand elle a quinze ans les faisant, avec sa sœur aînée, les héritières les plus fortunées d'Italie. Mariée en 1900 au marquis Casati, un oisif désargenté, elle devient vite une figure mondaine du début du XXe siècle. Elle se distingue par ses extravagances, un goût pour la théâtralité. En 1910, elle s'installe à Venise, en 1923, elle acquiert le Palais Rose du Vésinet. Elle mène un train de vie si dispendieux, dilapidant des fortunes en bals et réceptions fastueuses, qu'elle finit ruinée. Elle se réfugie à Londres où elle vit dans une misère noire. Elle meurt d'une crise cardiaque, en 1957, lors d'une séance de spiritisme.
Pour l'occasion, Frédéric Lenormand imagine un frère à Arsène Lupin et en fait l'ennemi numéro 2 ou ennemi numéro 1 comme il se désigne quand, sous un de ses nombreux déguisements, il parle de lui. Cambrioleur mais gentlemen comme son frère, il est à son image : flamboyant, esbroufeur, imprévisible et galant.
Et puis Frédéric Lenormand, pour son récit, déploie son savoir-faire en matière d'humour, de situations cocasses, décalées, multipliant les dialogues enlevés, les réparties et les scènes comiques, n'hésitant pas à oser les jeux de mots, les expressions, les images les plus savoureuses comme les plus approximatives. Il ne s'embarrasse pas de cohérence, de logique et d'un souci de véracité quand il est emporté dans le déroulement d'une scène cocasse.
En prenant pour héroïne une véritable excentrique, le romancier offre un récit enlevé, au rythme soutenu, d'une grande force humoristique. On passe, avec ces personnages de délicieux moments de lecture.

Citation

Mon cher, il ne faut pas croire ce qui est dans les journaux, il faut croire ce qui est dans les romans : c'est le seul endroit où l'on tolère la vérité.

Rédacteur: Serge Perraud jeudi 12 janvier 2017
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