L'Homme qui avait recueilli les dernières paroles de Gunnar Andersson

Mais, sur le vif, on pense que c'est simplement la routine, la vie, quoi, on pense que c'est une journée banale, normale. On ne reconnait les hauts qu'une fois qu'on a connu les bas.
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Roman - Noir

L'Homme qui avait recueilli les dernières paroles de Gunnar Andersson

Braquage/Cambriolage - Tueur à gages - Artistique MAJ mardi 27 novembre 2018

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 21 €

Henri Bonetti
Paris : Cohen & Cohen, octobre 2018
388 p. ; 23 x 16 cm
ISBN 978-2-36749-056-4

(Ce que nous) savons de Marseille

Voilà un roman ultra dynamique où Henri Bonetti fait exploser les codes sous un soleil marseillais à son zénith (on est en 2003, lors de la grande canicule). Chez Cohen & Cohen, la peinture étant le fil conducteur des intrigues, c'est le peintre provençal Monticelli, adoré par Van Gogh, qui en est ici la vedette. L'un de ses tableaux, en dépôt dans un musée, est volé lors d'un transfert douteux pour une exposition parisienne. L'assureur, le propriétaire, le voleur, sa petite amie enceinte, le syndicaliste transporteur, le gardien du musée ex-garde-du-corps d'un mafieux, un détective privé expert en art, une très belle policière, un commissaire, un antiquaire véreux, un autre mafieux en retraite et surtout un tueur à gages serbe, vont se livrer à une sarabande effrénée pour suivre la piste du tableau. Problème : Monticelli est un peintre considéré comme mineur alors pourquoi donc tant de sang ?
Henri Bonetti nous a habitué à sa bonne humeur avec ses romans précédents mais là, il se surpasse quand on a fait l'effort d'entrer dans le roman avec ses multiples mini chapitres mettant en scène ses personnages dans leur entourage. Les liens qui se tissent au fil de l'intrigue et des investigations sont enrichis par les transcriptions d'un entretien entre le détective privé et un nègre littéraire et par les reproductions d'articles de presse. C'est donc un roman touffu mais servi par un découpage virtuose, et surtout une écriture enlevée et souvent jouissive. Même si le titre paraît un peu téléphoné puisqu'il ne sera expliqué qu'à la fin, il oriente l'attention vers Oreste Pappalardo, le gardien de musée, qui s'impose comme le pivot de l'intrigue. Mais la star du livre est sans conteste Stepan Mirkovic, Serbe de Bosnie et tueur à gages. Ses déplacements et sa froide détermination aidée par les méthamphétamines en cristaux, se heurtent tout le temps aux réactions ultimes de ses victimes qui, à chaque fois, le blessent. C'est d'un humour noir parfaitement maîtrisé.

Citation

Il avait encore tué la mauvais personne ! Encore un mort pour rien. Il le voulait ce tableau, maintenant, il le voulait plus que tout, il était prêt à mourir pour l'avoir. Il avait l'impression que le récupérer effacerait toutes les erreurs de ces dernières semaines, toutes ces morts contre-productives, et qu'il pourrait enfin rentrer chez lui.

Rédacteur: Michel Amelin mardi 27 novembre 2018
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