CHRONIQUES

livres • bandes dessinées • comics
Prix : 23,50 €
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ISBN : 978-2-38246-137-2
Nombre de pages : 384
Format : 21 X 15 CM
Année de parution : 2025
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9 / 10

Que s’obscurcissent le soleil et la lumière

Alors que le Liban entre dans la dernière partie de la guerre qui anéantit sa population dans un conflit de plus en plus éclaté et que des attentats secouent la France, Frédéric Paulin achève dans une apothéose noire le destin de ses personnages ballottés par l'Histoire. Un roman pour comprendre, un roman pour écarter les voiles du mensonge d'État.

Septembre 1986, un attentat devant le magasin Tati de la rue de Rennes fait sept morts et des dizaines de blessés. Un massacre que le binôme Pasqua/Pandraud, en l’absence de toute preuve, attribue aux FARL et aux frères de Georges Ibrahim Abdallah, militant libanais incarcéré en France. Une fausse piste reprise à l’envi sur tous les médias pour tenter de masquer les raisons « réelles » de l’attentat : l’implication de Paris dans la guerre entre l’Iran et l’Irak, guerre qui se joue des frontières et ensanglante durablement le Liban où de multiples factions s’écharpent pour des coins de territoire, des bouts de rue, et où l’ami d’hier est devenu l’ennemi d’aujourd’hui. Un conflit incompréhensible et sans fin où sont entraînés politiques, militaires, policiers, avocats et miliciens, avec en point de mire, la libération des otages français détenus par le Hezbollah à Beyrouth, qui engendre, de part et d’autres, de multiples magouilles . Car qui obtiendra leur retour sera pratiquement assuré de remporter l’élection présidentielle de 1988. Et entre les agents de Mitterrand et ceux de Chirac, la course est engagée.

Entamée l’an dernier avec Nul Ennemi comme un frère, la trilogie libanaise de Frédéric Paulin touche à sa fin avec l’évocation des « dernières » années du conflit, terrain d’affrontement entre des groupuscules liés, qui à la Syrie, qui à l’Iran, qui à Israël, dans une mosaïque dont les motifs ne cessent de bouger et de se fragmenter. Aux assassinats succèdent les enlèvements d’Occidentaux, journalistes ou humanitaires, dont les visages et les noms s’affichent chaque soir dans les foyers français, en ouverture du JT, juste avant les dernières nouvelles de la traque des rescapés d’Action Directe. Les années 1980, comme on a pu les vivre en direct, au sein desquelles Frédéric Paulin tisse sa fiction, suivant les destins de personnages que l’on a appris à aimer, qui sont devenues pour nous aussi réels que les figures politiques qu’ils croisent. Michel Nada et son frère Edouard, respectivement député RPR proche de Pasqua et officier des milices chrétiennes à Beyrouth, la magistrate antiterroriste Sandra Gigliano et son compagnon l’inspecteur Nicolas Caillaux, Christian Dixneuf, mercenaire sans cause, Philippe Kellerman, conseiller occulte du PS, et les autres, tous les autres, qui sont nos guides dans ce sac de nœuds où la vérité se dérobe sans cesse sous les assauts de la politique, où tous jouent un jeu de billard à trois bandes en espérant avoir un coup d’avance sur leurs adversaires.

Plus encore que ses prédécesseurs, Que s’obscurcissent le soleil et la lumière, est une plongée dans les ténèbres, un chant de deuil, requiem pour un pays et des vies détruites, pour d’autres, pour rien. Un très grand texte, qui résonne longtemps après sa fin et offre un point d’ancrage essentiel à une lecture d’un monde contemporain de plus en plus incompréhensible.

Publié le 15 janvier 2026
Mis à jour le 15 janvier 2026
Le Liban, ce grand bordel. Le Liban n’en finit pas de se faire la guerre. Les alliances, les mésalliances, les contre-alliances, les fausses alliances. Qui peut encore tenir la chronique de cette guerre ?
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