En 1968, Marthe est employée comme dame de compagnie à Montpellier pour une baronne. Plus toute jeune, elle va larder de neuf coups de couteau sa patronne, puis se rendre à la police. Ce fait divers qui apparait comme un coup de sang et de folie, qui va conduire Marthe à l’internement en hôpital psychiatrique, n’est que l’aboutissement logique de sa vie. C’est du moins ce que va tenter de raconter Olivier Vonlanthen, l’auteur de ce récit qui remonte le temps du geste de 1968 vers la Suisse de 1949, point de départ complexe de la vie de Marthe.
Dans cette collection de La Veilleuse, et pour Olivier Vonlanthen, le but n’est pas d’expliciter le crime, mais d’en faire le dernier geste logique d’une personne maltraitée par la vie (d’où l’allusion faite par le titre à la fois à sa condition et à l’imprégnation religieuse dont elle a été nourrie). Le récit devient donc l’occasion de remonter le fil de la vie de Marthe à travers quelques périodes marquantes, raconté avec soin et poésie, pour créer une atmosphère littéraire, particulière, forte et glacée, qui ne donne pas forcément une explication unique mais permet d’éclairer une vie sans doute éclatée entre des joies simples et une mélancolie profonde. Le tout avec un œil attentif, qui s’attache aux détails quasi invisibles, aux petits mouvements du corps ou de l’âme, à la vie d’une femme simple. Pour les amateurs qui ne se contentent pas de lire que des polars sanglants