En cette année 1683, le monde chrétien apparait comme particulièrement angoissé. Les armées turques sont aux portes de Vienne, la peste menace et la « civilisation connue » pourrait donc s’effondrer. Le pape, depuis Rome, essaie de mobiliser des troupes et de lutter, mais tout est compliqué. Dans Rome, dans une auberge, l’apprenti qui fait le gros du travail est aux petits soins pour un prêtre, un ami de Fouquet, qui vit là. M. de Mourai , l’un des pensionnaires de l’auberge, est retrouvé mort et les indices pourraient laisser penser à la peste. Dans le doute, les autorités confinent les clients de l’établissement. Le prêtre fait part d’informations au jeune homme : Fouquet, son ami, que l’on disait mort dans les prisons du Roi de France, après avoir trop fait montre de sa fortune, ce qui a indisposé Louis XIV. Enfin, il vient de mourir sous un faux nom, dans l’auberge. Le prêtre est sûr qu’il s’agit d’un empoisonnement. Que penser de ce docteur, lui aussi coincé dans l’auberge, et qui a un comportement louche ? Le prêtre et l’apprenti se mettent donc à surveiller le suspect, tandis que l’ecclésiastique explique la vérité à son nouveau « disciple » : Fouquet était innocent des crimes qu’on lui imputait, et il état là à Rome, avec son ami, pour aider le Pape. S’en suivent des discussions sur l’état de la science, des promenades dans les souterrains et catacombes de Rome, afin de faire émerger la vérité.
Paru initialement en 2002, ce roman devait être le premier d’une série de sept. Pour l’instant quatre sont parus et Rita Monaldo et Francesco Sorti, les auteurs, sont passés à une autre série, sans que l’on sache bien si celle-ci va se terminer. Mais ce premier volume peut se lire de manière indépendante. S’appuyant sur une documentation importante (ce qui explique cette réédition qui contient un grand nombre de détails historiques en annexe sur les « vrais » événements décrits), Imprimatur mélange des détails historiques, des spéculations logiques sur ce que les événements peuvent aussi cacher (Fouquet n’était pas un escroc, il connaissait des « secrets » pour soigner ou atténuer la peste, le Pape de l’époque était un homme peu honnête, etc.) pour former une saga intéressante, centrée autour d’une situation simple : comment mener une enquête et déjouer un complot depuis un lieu dans lequel on est enfermé. Le texte demande cependant un bel effort de concentration, non seulement par sa longueur, mais par la masse d’informations transmises (les familles nobiliaires, les luttes d’influence, la description des connaissances scientifiques de l’époque, la guerre contre les turcs). En tout cas, ça donne un roman d’environ 850 pages bien tassées et plus de 200 qui reprennent des informations historiques. On espère donc que ce travail de fonds et cette réédition permettront de voir la série entière traduite, voire publiée.