Kimberley Tyler a dû se résoudre à quitter les forces de l’ordre après son échec à protéger Bob Cavendish, candidat démocrate à la présidentielle. On la retrouve en 1969 à Los Angeles, travaillant comme serveuse dans un drive in pour un salaire dérisoire avec des clients qui vous pelotent les fesses en vous redemandant du café. Heureusement, elle s’est liée d’amitié avec Susan, sa binôme. Mais Susan se drogue et va mourir d’une overdose dans les toilettes du drive in. Auparavant, elle a parlé à Kim du Sorcier, un gourou et ses fidèles qui squattent une demeure d’une star. Dans le même temps, les agents du FBI Carney et Auerbach la contactent pour infiltrer les Black Panthers, trouver qui les financent. Décidée à mener sa propre enquête sur la mort de Susan, Kim accepte la mission, mais entend mener ses affaires à sa guise. Elle ne le sait pas encore, mais cette mission est assurément la plus dangereuse à laquelle elle a eu affaire. Elle risque d’y perdre beaucoup alors qu’elle est mère d’un petit enfant d’à peine un an. Pour l’heure, Kim Tyler sonne à la porte du Sorcier, et ce dernier ne tarde pas à l’embarquer dans un drôle de périple…

« American Parano » est une série qui ne manque pas de charme et qui surtout revisite la bascule des années 1960 aux États-Unis, actant la fin du rêve américain. On retrouve les éléments qui la marquent depuis le début : une héroïne badass, sorte d’électron libre, qui finit par imposer le respect à des agents du FBI, une radio qui passe en fond sonore de la musique et des inepties joyeusement foutraques, et ici une cité californienne faite de strass et de paillettes, mais qui a toujours la gueule de bois au réveil. Kim Tyler, plus flic, mais simple serveuse plongée dans un monde de paradis infernaux artificiels, joue les infiltrées dans une communauté hippie et côtoie nombre de célébrités de l’époque. Si elle frôle la mort, elle a l’épiderme dur malgré quelques souffrances et privations. Faut dire que dans cet épisode, Hervé Bourhis et Lucas Varela ne la ménagent pas nous offrant même un final avec une « petite » tuerie de masse. Un épisode transitoire pour celle qui est amenée à réintégrer les forces de l’ordre dans un futur volet. Mais un épisode dans lequel le talent de Lucas Varela ne faiblit pas. L’auteur se permettant même à un moment donné de donner la clé de son inspiration quand il a dû imaginer le personnage de Kimberley Tyler : une certaine Vera Dinkley. Du grand art !