Mélanie, vétérinaire, habite du côté de Mouthe et commence à s’inquiéter car son fils va quitter le domicile familial pour aller étudier. Elle essaie aussi de vivre avec sa mère, Astrid, soixante-quinze ans, même si la vie est difficile depuis de longues années, sa mère ayant eu du mal à supporter la mort de son mari, parti avec sa fille en promenade et qu’elle aimait plus que tout. Et puis Astrid fait un AVC et se retrouve à l’hôpital où elle croise Aurore. Cette jeune femme passe son temps au chevet d’une autre vieille dame, en train de mourir et dont elle a été la dame de compagnie. Astrid et Mélanie sont étonnées par la qualité des soins et de présence d’Aurore. Aussi quand la vieille dame meurt, elles décident de l’engager. Mais est-ce vraiment une bonne idée ? Très vite, Mélanie a des doutes, non sur la qualité des soins, mais sur la façon dont Aurore tente de chasser tout le monde pour devenir la seule personne que la mère pourra supporter. Et pourquoi la famille de l’ancienne dame dont elle s’occupait refuse de parler ?
Très vite, le lecteur attentif aura remarqué les failles et la psychologie de cette aide-soignante et compris qu’il risque de se passer bien des choses peu catholiques. De ce point de vue le récit est très classique et Nicolas Leclerc, qui connait la région qu’il décrit, sait jouer sur le tableau de cette province assoupie, enneigée, où les maisons sont éloignées et où il est facile de s’isoler. Très bien construit sur cette intrigue assez classique, qui va offrir quelques rebondissements bien amenés, Aurore confirme la qualité de narration d’un écrivain qui s’appuie sur un décor qu’il connait pour offrir une intrigue psychologique bien menée, intelligemment conduite et efficace, même si, sans doute, un peu trop classique dans son fonctionnement.