Mike Lynford a tenté de tuer Christine Lucas après avoir usurpé l’identité de Ben, son mari, mais a survécu à l’incendie qu’il a lui-même provoqué. Par un détour inattendu, il a réussi à retourner l’opinion publique en se faisant passer pour la victime de l’histoire… Quant à Ben, il a fini par quitter Christine, qui a changé d’identité et vit désormais en recluse. Mais ses amnésies semblent refaire surface, jusqu’au jour où elle tombe sur le cadavre de Gus, son seul ami. De son côté, sa meilleure amie Claire voit revenir Ben, le mari, à qui elle demande d’aller aider celle qui reste son épouse. Puis apparaît une jeune femme suicidaire demandant de l’aide… et qui en profite pour s’approcher de Christine. Sur qui celle-ci peut-elle se fier alors qu’elle n’a même pas confiance en elle-même ?
L’histoire semblait close à la fin d’Avant d’aller dormir, le premier tome, mais on imagine la pression commerciale… Donc on emploie tous les vieux trucs hollywoodiens, quitte à se contredire : Lynford, présenté comme mort, est ressuscité par un artifice, Adam le fils est hors champ et Ben le mari idéal rejoint la doxa actuelle en devenant un salaud… ou pas, l’auteur lui-même ne sachant trop que faire de lui, et Claire a trouvé Dieu, ce qui ne sert guère qu’à passer la main dans le dos du public américain. On a aussi la traditionnelle double narration dure à suivre tant les personnages sont peu différenciés. Quant à la fin peu crédible, elle emploie tous les clichés du dictionnaire où au moins, tout semble résolu, enfin, jusqu’à un éventuel troisième tome. Reste la langue, toujours loin du verbe-sujet-complément du thriller industriel servie par une traduction irréprochable. On parlait de la catastrophique adaptation cinématographique du premier tome, l’auteur rejoint là une tradition hollywoodienne : la suite inutile…