Edwin est un homme tranquille qui travaille sur des statistiques sans intérêt. Mais un jour, il décide de passer par la fenêtre de son bureau pour respirer et avoir une nouvelle vie. Il se retrouve dans un immeuble fermé de l’extérieur, dont les fenêtres ont des barreaux, peuplé par des gens particuliers qui vont lui proposer de devenir le nouveau concierge. Dans cet immeuble, il y a entre autres une jeune fille qui veut que l’homme devienne son nouveau papa. Et il y a des autres occupants qui sont tous plus étranges les uns que les autres. Dans ces conditions, comment Edwin peut-il parvenir à s’en sortir ?
Le récit de Franck Membribe est resserré dans une atmosphère que l’on pourrait de qualifier de fantastique ou de kafkaïenne. De ce point de vue, Fugue en sous-sol est une belle réussite, car l’auteur construit son intrigue de manière angoissante, très noire. Le personnage, qui aurait pu être tiré d’un roman de David Goodis, essaie de se démener dans un « monde » (réduit à un immeuble clos) stressant, glauque, où chaque personnage semble poursuivre des activités peu claires. Même lorsque Edwin entrevoit une porte de sortie, ce n’en est pas forcément une. On se doit d’ajouter que Franck Membribe choisit une longueur de roman suffisante pour créer l’angoisse et assez courte pour ne pas lasser le lecteur, ce qui permet de suivre le personnage dans son cauchemar éveillé, dans la grande tradition du roman noir dans lequel le « héros » se débat de Charybde en Scylla, dans une version moderne d’un texte de Franz Kafka. Surtout, Franck Membribe signe là un texte plus qu’intéressant, un récit sur l’angoisse et l’absurdité du monde, avec une économie de moyens qui impose le respect.