Jonas Hallgrimsson vit au XIXe siècle en Islande. C’est un poète, naturaliste et étudiant qui apprécie l’ambiance bohème de Copenhague, la capitale du Danemark, et qui a fondé une revue de littérature qui lui permet de côtoyer quelqu’un comme Hans Christian Andersen. Au cours de ses déplacements, il rencontre Keli, un jeune berger en apprentissage dans une famille paysanne,. Keli, qui s’occupe du troupeau de bêtes, les accompagnant dans les pâturages. C’est alors que Jonas Hallgrimsson se casse la jambe. Mal soigné,, il passe beaucoup de temps à l’hôpital et doit être être amputé, ce qui aura une incidence sur son écriture poétique. Mais surtout, il apprend que son ami le berger a disparu, comme évaporé de la terre. Alors, il cherche à en savoir plus mais rien ne peut être découvert. En parallèle, le lecteur suit également ce qui s’est réellement passé pour Keli. De fait, ayant commis une erreur dans le parcage des animaux, il a été frappé violemment par son patron et devant l’énormité des blessures, l’ouvrier de la ferme n’a pu que l’achever. Depuis, les deux hommes ont caché le corps et fait comme si de rien n’était. Mais c’est sans compter les questions des voisins et leurs propres remords.
À côté de deux séries policières plus contemporaines, Arnaldur Indridason a écrit des roman plus historiques, sur la réalité passée de l’Islande ou du Danemark. Afin de les rendre un peu plus dynamiques, il a utilisé les techniques du roman noir pour donner une description plus imagée et forte de son intrigue. C’est encore le cas avec cet intéressant Fin du voyage qui présente en parallèle un personnage réel (le titre du livre étant même le titre d’un de ses poèmes) dans sa vie dans la capitale danoise, et ses interactions avec ses pairs, le monde et les suites d’un meurtre – avec surtout les conséquences pour les criminels et leur complice (et également un pasteur, père d’un des coupables). Le tout dans une ambiance de remords très scandinaves (pour ceux qui ont apprécié les films de Ingmar Bergman par exemple), voire des côtés dostoïevskiens bien amenés, en s’appuyant sur une description très fine de la société paysanne locale. La sauce prend bien et à l’instar de nos romanciers qui n’hésitent pas à mettre en scène un Nerval, ou un Baudelaire enquêteurs, Arnaldur Indridason centre son roman sur Jonas Hallgrimsson, un poète connu de son pays et donne au lecteur français l’envie de le découvrir.